TUNISIE
12/08/2018 14h:00 CET

Ali Laârayedh exprime la position d'Ennahdha quant au rapport de la Colibe

Ennahdha accepte certaines propositions, pas d'autres selon Ali Laârayedh

FETHI BELAID via Getty Images

Le deuxième vice-président d’Ennahdha Ali Laârayedh a affirmé samedi, lors d’une conférence sur le thème “la femme tunisienne, un gage de réussite de l’expérience du pouvoir local” que ce qui se passe autour du rapport de la Colibe est un “mouvement social oeuvre d’une société vivante et d’une démocratie émergente”.

“Toutes les parties expriment leurs positions. Si on enlève certaines extrapolations et les violences verbales, qui sont des choses normales pour une société qui s’exerce encore, on voit qu’il s’agit d’une société dynamique” a-t-il expliqué concernant les réactions, parfois, violentes contre la Colibe.

Revenant sur la position d’Ennahdha sur le rapport, Ali Laârayedh affirme que celui-ci comporte des dizaines de questions dont la Constitution impose la révision et qui ne “souffrent d’aucune contestation” notamment concernant les libertés individuelles et le respect à la vie privée.

Cependant, il estime qu’il existe “des propositions autour desquelles il y a une crainte de la part des Tunisiens, et notamment des craintes religieuses à l’instar de la question de l’égalité dans l’héritage. C’est le cas d’autres propositions qui peuvent entrainer des craintes quant au mode de vie sociétal des Tunisiens ou porter atteinte à la stabilité de la famille tunisienne ou qui sont vues comme parachutées” de la part d’autres sociétés notamment occidentales citant par exemple les propositions du rapport en matière de “relations sexuelles”, de “mariage, des droits de la mariée” ou encore du “deuxième nom de famille” pouvant être accordé à l’enfant.

Remis au président de la République le 8 juin, le rapport de la Colibe propose une panoplie de mesures visant à concrétiser les libertés individuelles et l’égalité consacrées dans la Constitution tunisienne. Les propositions englobent plusieurs aspects: l’homosexualité, l’égalité dans l’héritage, les inégalités hommes-femmes au sein de la famille, etc. 

Depuis sa publication, le rapport de la Colibe soulève le débat. Ainsi, si pour certains, ce rapport semble aller trop loin en terme de droits et libertés individuelles en s’attaquant aux principes fondamentaux de l’Islam. D’autres estiment que la Tunisie a osé toucher à des tabous et réussi à prendre des décisions révolutionnaires, en phase avec la modernité tout en respectant le texte sacré.

Samedi, une manifestation anti-Colibe a eu lieu au Bardo à l’initiative de la coordination nationale pour la défense du Coran durant laquelle de nombreux slogans hostiles à la Commission des libertés individuelles et de l’égalité et à ses membres ont été scandés.

Lundi, à 18 heures, devant le théâtre municipal, un rassemblement de soutien à la Colibe est attendu, quelques heures après un probable discours du président de la République Béji Caid Essebsi, qui est à l’origine de la création de cette commission.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.