ALGÉRIE
31/01/2019 12h:08 CET

Ali Kahlane: "L’Algérie a des chances de s’insérer dans la chaine de valeur de l’intelligence artificielle"

Pour Ali Kahlane la solution est du ressort de l’Etat et des entreprises. L’expert estime que l’Etat doit mettre en place certaines incitations pour faciliter aux entreprises ce saut technologique.

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Des robots dotés d’une capacité émotionnelle et décisionnelle, capable d’interagir avec les êtres humains, cette technologie révolutionnaire est l’intelligence artificielle que le monde attend pour 2019. Pour Ali Kahlane, expert consultant en informatique, l’Algérie pourra s’insérer dans la chaine de valeur du développement de cette technologie, affirme l’expert sur “Radio M”.

 

 

L’intelligence artificielle permet de créer un “homme augmenté” qui utilise le même langage que les êtres humains. Les pays qui sont les précurseurs dans cette technologie sont : la Chine et les Etats-Unis. Selon Ali Kahlane, ces pays occupent les premières places car ils sont développés dans trois domaines en particulier, les mathématiques, l’informatique et les neurosciences. Pour cet expert, l’Algérie dispose d’un bon niveau en mathématiques ce qui lui permettrait de rejoindre  le développement de l’intelligence artificielle.

“La maitrise des mathématique est un prérequis pour rejoindre la technologie de l’intelligence artificielle. Les pays précurseurs dans cette technologie occupent les premières places du classement PISA. La formation en mathématiques en Algérie est fondamentalement bonne, pour preuve les statistiques qui démontrent que nos ingénieurs et mathématiciens, se font recruter à l’étranger dans les trois mois qui suivent leur immigration” précise Ali Kahlane.

Pour cet expert, la disponibilité de cette ressource humaine qualifiée, de la technologie et l’équipement, permettent d’aller aisément vers l’intelligence artificielle. Seulement l’Algérie demeure dans le gap technologique pour plusieurs raisons, il cite notamment, la fuite des compétences et le retard numérique des entreprises.

“Malheureusement il y a beaucoup de chef d’entreprise qui ont du mal à prendre en charge le fait numérique. Et si une entreprise n’est pas dans cette transformation numérique elle ne peut pas aller vers la recherche et développement”, déplore Ali Kahlane.

Concernant les jeunes diplômés dont le plan carrière se trouve souvent à l’étranger, Ali Kahlane fait savoir qu’en 2018 l’Algérie a perdu 925 ingénieurs et techniciens dans le numérique. “Presque un millier de jeunes sont partie à l’étranger, l’année précédente”, affirme l’invité de “Radio M”.

Des “crédits à la recherche”

Pour Ali Kahlane la solution est du ressort de l’Etat et des entreprises. L’expert estime que l’Etat doit mettre en place certaines incitations pour faciliter aux entreprises ce saut technologique.

Parmi ces mesures incitatives, la mise en place du crédit à la recherche. Cela permettrait aux chefs d’entreprises de créer des laboratoires de recherche et développement. Ces laboratoires vont absorber cette jeunesse fraîchement diplômée qui a un “plan valise”.

En attendant que ces mesures soit mises en place, Ali Kahlane pense tout de même que la recherche dans l’intelligence artificielle peut d’emblée commencer en Algérie. Selon lui, au niveau des entreprises il existe des supercalculateurs qui ne sont pas utilisés. Cet équipement peut être mis à la disposition de groupes de recherche au niveau des universités et des entreprises qui disposent de laboratoire de recherche et développement.

″À partir du moment où vous avez de la ressource, l’équipement et les idées, l’écosystème minimum de l’intelligence artificielle est déjà en place. A partir de là on peut commencer à créer des objets connectés, des drones piloté par l’intelligence artificielle et bien d’autres terminaux”, conclut Ali Kahlane.