ALGÉRIE
19/01/2019 16h:40 CET | Actualisé 19/01/2019 17h:39 CET

Ali Ghediri annonce sa candidature à la présidentielle d'avril 2019

Le général-major à la retraite se lance dans la course à la présidentielle, un "défi majeur" selon lui.

Hacen Ouali/ El Watan

La général-major à la retraite Ali Ghediri a annoncé samedi 19 janvier sa candidature à la présidentielle d’avril 2019.

“J’ai décidé de relever le défi en me portant candidat à l’élection présidentielle d’avril 2019”, a annoncé M. Ghediri dans une déclaration envoyée au HuffPost Algérie.

Dans le document, et face à un constat qu’il qualifie de “amer”, qui “menace l’existence et la cohésion nationales”, Ali Ghediri considère que “la résignation n’est pas une fatalité en soi. Un sursaut salutaire est possible”. 

Après plusieurs interventions dans la presse ces dernières semaines, Ali Ghediri a été sévèrement critiqué à plusieurs reprises par le ministère de la Défense nationale, et à sa tête le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaid Salah.

“Je ne pense pas que le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah puisse permettre à qui que ce soit de violer d’une manière aussi outrageuse la Constitution”, a notamment déclaré M. Ghediri dans un entretien accordé à El Watan. 

Ses interpellations n’ont pas été du gout du vice-ministre de la Défense. Dans un violent communiqué et sans citer Ali Ghediri, le MDN l’a menacé de poursuites judiciaires, invoquant le devoir de réserve auxquels sont astreints les officiers supérieurs à la retraite.

 

“Défi majeur”

Ali Ghediri semble conscient de la difficulté de la tâche et qualifie sa candidature de “défi majeur” qui ne peut se réaliser sans “l’adhésion et l’implication du peuple”. 

“Il consiste en une remise en cause, sans tabou, de l’ordre établi, tant les conditions actuelles sont des plus complexes et des plus périlleuses pour la nation. Il s’inscrit, pour sa réalisation, dans le cadre d’un projet novateur, qui s’articule autour d’un objectif : la rupture sans reniement”.

Il explique ce choix des mots: La rupture, “un mot fort”, fait peur à ce qu’il qualifie de “minorité” qui s’accommode du système et “oeuvre pour le perpétuer”. Elle fait peur aussi, affirme-t-il, à une majorité écrasante qui appelle au changement mais en redoute les retombées”. 

“A cette majorité, je dis que, ce dont ils doivent avoir légitimement peur, ce sont les maux générés par ce système qui poussent nos enfants à fuir leur pays et qui empêchent ce peuple d’y vivre sereinement dans le confort et le bien-être et de profiter pleinement des richesses qu’il est potentiellement en mesure de leur offrir”, explique encore le général-major à la retraite. 

 

 “Deuxième République”

 

Une rupture qu’il envisage “sans reniement des valeurs de novembre”, tempère-t-il en considérant que la déviance de ces valeurs les a ternies. 

“Nous en ferons le socle éternel de la Deuxième République que nous nous promettons d’édifier, pour mettre définitivement l’Algérie en phase avec ce que je pense être sa destinée”, explique encore M. Ghediri. 

La “Deuxième République” est le cœur de son projet politique, affirme-t-il: “Nous la rebâtirons sur la base d’une réelle refondation démocratique et d’une totale reconfiguration institutionnelle”.

Revenant sur sa longue carrière militaire (42 ans) qui a pris fin en 2015 par une retraite à sa demande, Ali Ghediri la qualifie de “construction personnelle, sur la base de convictions personnelles profondes”.

L’armée nationale populaire est “le terreau qui a raffermi, en mon for intérieur, l’amour de la Patrie et le sens du devoir envers la nation. Durant ma carrière militaire, j’ai vécu de mon salaire comme unique source de revenus, comme, présentement, je vis de ma seule pension de retraite et, j’en tire orgueil et satisfaction”, ajoute-t-il.