ALGÉRIE
20/09/2019 06h:43 CET

Ali Benflis confirme le retrait des formulaires tout en entretenant du “suspense” sur sa participation aux présidentielles

NurPhoto via Getty Images

Ali Benflis, ancien chef du gouvernement, président du parti Talaie El Hourriyet, candidat malheureux aux présidentielles en 2004 et 2014 a confirmé, dans un communiqué publié hier sur la page facebook de son parti, avoir adressé, le 19 septembre, une lettre au président de l’Autorité nationale électorale indépendante pour l’informer de son “intention de constituer un dossier de candidature pour l’élection du président de la République”. 

Même si pour beaucoup d’observateurs, la décision de candidature est tranchée, Ali Benflis s’en tient au formalisme partisan pour entretenir du “suspens” en indiquant qu’il reviendra au comité central de trancher sur la participation ou non.

“En accomplissant cette formalité relative au retrait des formulaires pour les signatures individuels, il est opportun pour moi de préciser que la question de la participation à cette élection ou de non participation sera tranchée lors de la prochaine session du comité central du parti et ce conformément des statuts du parti et de son règlement intérieur ainsi que du règlement intérieur du comité central”.

Le comité central de Talaie El Hourriyet doit se réunir le 26 septembre prochain et il est pratiquement acquis qu’il confirmer la candidature de Ali Benflis à la présidentielle. Les observateurs ont noté au cours des dernières semaines une évolution du discours qui épouse celui du chef de l’armée. 

 Le ton avait été donné par une courte vidéo dans laquelle Ali Benflis affirmait que “l’Etat est sacré” en accusant implicitement des parties non désignées de “vouloir casser l’Etat”.  Cette vidéo a été suivie par le publication d’un article affirmant qu’à la suite du travail du panel, “l’horizon s’est éclairci” et que les conditions étaient réunies pour des “élections libres, transparentes et crédibles”.

 L’étrange participation de 2014

Directeur de campagne de Bouteflika en 1999, Ali Benflis a été son chef de gouvernement du 26 août 2000 au 5 mai 2003, une période marquée notamment par le mouvement des arouchs et l’instauration d’une interdiction des manifestations dans la capitale (2001).

Limogé par Bouteflika, il sera son adversaire pour la présidentielle de 2004 et de 2014. Si pour la participation de 2004, il avait l’appui, qui s’est révélé bien solitaire, de l’ancien chef d’état-major de l’armée, feu Mohamed Lamari, celle de 2014 avait surpris les observateurs car les dés étaient manifestement pipés d’avance. Des personnalités crédibles avaient jugés qu’une candidature de Bouteflika était un signe que ce ne sera pas des élections ouvertes. Des observateurs avaient estimé que Ali Benflis ne faisait que “crédibiliser” une fausse élection et jouait au “lièvre”.  

L’annonce probable de sa candidature le 26 septembre prochain à l’issue de la réunion du CC du parti pourrait  susciter des vocations et provoquer un emballement des candidatures pour la présidentielle prévue pour le 12 décembre prochain.. Le MSP (Islamiste, frériste)  a choisi de réunir son Majliss Echoura, le jour suivant, le 27 septembre, pour décider de sa participation ou non.