ALGÉRIE
15/09/2014 14h:28 CET | Actualisé 16/09/2014 07h:09 CET

Lamamra défend la Tunisie: La taxe de sortie n'est "ni discriminatoire, ni arbitraire"

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Abdelmalek Sellal et Mehdi Jomaa - Entre la Tunisie et l'Algérie une relation

Allant à contre-courant de nombreux écrits dans les journaux ces derniers jours, le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a déclaré lundi, que la taxe de sortie du territoire tunisien de 30 Dinars tunisiens applicables aux étrangers non résidant ne relevait pas de "mesures discriminatoires ou arbitraires".

Il a également souligné qu'il ne fallait pas "appréhender cette mesure sous l'angle de la réciprocité" rejetant ainsi quelques appels lancés pour l'application d'une taxe similaires aux tunisiens qui se rendent en Algérie.

Cette acceptation de la taxe de sortie tunisienne et le rejet des appels à la "réciprocité" semble cependant assortie au respect par les autorités tunisiennes du report de la mise en œuvre de la mesure au mois d'octobre prochain.

Ramtana Lamamra qui s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue portugais, Rui Chancerelle de Machete, a indiqué que l'Algérie a reçu "toutes les garanties de la partie tunisienne pour le report de l'application de cette mesure qui concernera pas les citoyens algériens qui visiteront la Tunisie en cette période".

Le chef de la diplomatie algérienne s'en tient de ce fait aux déclarations de la ministre tunisienne du tourisme, Amel Karboul, indiquant que la taxe en question n'entrera en vigueur qu'au mois d'octobre prochain.

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Des informations concordantes rapportées par plusieurs journaux algériens font état d'un début d'application de la taxe pour les seuls conducteurs de véhicules depuis mercredi 10 septembre, suscitant des mouvements de grogne aux frontières.

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Ramtane Lamamra semble avoir choisi d'élaguer cet aspect pour insister diplomatiquement sur le "respect" de la décision du report de la mise en œuvre de la taxe à octobre prochain.

Une "relation très privilégiée"

Sur le fond, Lamamra défend avec force le droit de la Tunisie de prendre de telles mesures allant à contrecourant de commentaires, parfois venimeux, dans les médias algériens accusant les autorités tunisiennes de se livrer à un "racket sur les touristes algériens".

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"Ces mesures seront appliquées à tous dans les délais arrêtés par le gouvernement tunisien et ce conformément à la loi en vigueur en Tunisie. Elles ne sont ni discriminatoires ni arbitraires", a insisté M. Lamamra.

"Il ne faut pas appréhender cette mesure sous l'angle de la réciprocité ni y percevoir une volonté d'imposer des mesures arbitraires aux citoyens algériens par les voisins tunisiens", l'Algérie étant connue pour son attachement à la préservation de la dignité de ses citoyens à l'étranger, à sa souveraineté nationale et au principe de réciprocité" a indiqué le ministre dont les propos sont rapportés par l'agence APS.

L'Algérie et la Tunisie, a-t-il dit, "sont liées par une relation très privilégiée" qui "se développe pour devenir une relation exemplaire dans la région du Maghreb".

Lamamra a défendu la Tunisie, qui n'a pas "bonne presse" ces derniers jours en Algérie à cause de la taxe de sortie. Il a insisté sur le "bon accueil" réservé aux algériens, sans visa, par les tunisiens. Même "lors des années du terrorisme où l'Algérie luttait seule contre ce fléau dans un contexte où certains ne le lui reconnaissaient pas alors que d'autres parlaient d'une guerre civile ou de violence politique".

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