ALGÉRIE
16/09/2014 15h:42 CET

Benyounes défend l'adhésion de l'Algérie à l'OMC: "Faites confiance aux experts!"

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L'Algérie négocie son adhésion à l'OMC depuis 1995

Le ciel ne va pour nous tomber sur la tête ! L’économie de l'Algérie ne va "s'effondrer" avec l'adhésion de l'Algérie à l'organisation mondiale du commerce (OMC). C'est le ministre du commerce, Amara Benyounes, qui l'affirme en réponse aux adversaires de l'adhésion qui appréhendent ses conséquences sur l'économie du pays.

"Pourquoi cette peur d'aller vers l'OMC? Comme si l'économie nationale allait s'effondrer", a-t-il déclaré ce mardi en assurant que le gouvernement n'allait "ni brader ni bazarder l’économie nationale". Amara Benyounes affirme qu'au contraire, c'est l'adhésion à l'OMC qui permettra de défendre "au mieux nos intérêts économiques".

Pour lui, l'adhésion à l'OMC permettra une "mise à niveau générale" de l'économie et instaurera une plus grande transparence dans les transactions commerciales internationales.

Cela "n'arrange pas ceux qui sont contre cette transparence", sans désigner clairement les adversaires de la transparence. Tous les adversaires d'une adhésion "rapide" n'étant pas contre la "transparence", la précision n'aurait pas été superflue.

"Faites confiance aux experts et au gouvernement qui sont en train de négocier l'accession de l'Algérie à l'OMC", a ajouté Benyounes en relevant que l'Algérie était le "dernier grand pays qui n'a pas adhéré encore à l'Organisation mondiale du commerce.

Chaque pays "négocie son adhésion en fonction de ses intérêts et peut même demander des périodes de transition pour protéger certains de ses produits stratégiques" a-t-il assuré.

Le même point de vue du ministre est défendu par Reda Hamiani, président démissionnaire du Forum des Chefs d'entreprises qui a estimé dans un entretien avec TSA qu'on ne peut rester "en dehors".

"L’exercice consiste à entrer et à se battre pour défendre des positions de protection de l’industrie que certainement les partenaires économiques étrangers comprendront facilement, parce qu’eux-mêmes étaient confrontés, dans le passé, à ce genre de choix".

Les arguments des adversaires d'une "adhésion rapide"

Les adversaires d’une adhésion "rapide" à l'OMC avancent l'argument que les exportations algériennes sont presque exclusivement des hydrocarbures et une adhésion contraindra à une ouverture qui sera dévastatrice pour les entreprises algériennes.

C'est le point de vue développé par l'ancien ministre de l'économie et membre dirigeant du Rassemblement National démocratique, Abdelkrim Harchaoui, qui un proche d'Ahmed Ouyahia.

"Le niveau de compétitivité de nos entreprises est tellement insuffisant que cette adhésion serait la porte ouverte à tous les pays sans pour autant permettre à nos entreprises de survivre" a-t-il déclaré au journal El Watan.

"Aujourd’hui, les entreprises nationales ne peuvent pas tenir face aux produits importés. Le premier des secteurs qui fera les frais de cette adhésion est le secteur agricole. Des millions de familles et des milliers de travailleurs seraient directement touchés par cette ouverture" avait-il averti.

L'expert et consultant international, Abdelmalek Seraï, estime que si l'Algérie a des capacités financières, elle n'a pas d'économie forte pour faire face à la concurrence des pays développés.

Selon lui, l'Algérie n'est pas prête à accéder à l'OMC car "plus de 90% des entreprises nationales sont faibles et ne peuvent pas faire face à la concurrence étrangère. 45 % de ces entreprises fermeront en cas d’ouverture de notre marché"

L'Algérie a entamé le processus d’accession à l’OMC en 1995. Le groupe de travail chargé de l'accession de l'Algérie a tenu sa première en avril 1998. 12 rounds de négociations ont été tenus. L’Algérie a répondu à plus de 1930 questions.

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