ALGÉRIE
18/09/2014 15h:28 CET | Actualisé 18/09/2014 18h:30 CET

Les Algériens attachés au "sacrifice" de l'Aïd Al-Adha mais surveillent les prix (PHOTOS)

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Et si les Algériens n'égorgeaient pas le mouton ? Les éleveurs qui râlent en raison de la fermeture pendant des semaines des marchés à bestiaux pour cause de fièvre aphteuse n’apprécieraient pas un tel appel.

A Alger, dans des milieux intellos on le souhaite, en donnant, sur la base d'une information incomplète, la Tunisie en exemple.

Le Mufti Hamda Saïd aurait édicté une fatwa dispensant les Tunisiens du sacrifice. Même pour une Tunisie très progressiste cela aurait été une révolution... qui n'a pas eu lieu.

La Maison de la Fatwa tunisienne a expliqué très officiellement qu'il n'en est pas question et que le Mufti de la République tunisienne reste dans la position classique et commune qui veut que le sacrifice est obligatoire pour ceux qui en ont les moyens et que ceux qui n'en ont pas les moyens en sont dispensés.

Exit donc le "modèle tunisien" qui ne risquait pas de toute façon de susciter un réflexe "moutonnier" en Algérie où les appréhensions tournent simplement autour du prix et des risques liés à la fièvre aphteuse.

De manière plus "profane", le Directeur du Quotidien d'Oran, Abdou Benabou, a suggéré au vu de l'accumulation des dépenses des ménages entre le Ramadhan, l'Aïd El-Fitr et les inévitables achats des fournitures scolaires, de s'abstenir du "sacrifice".

"Le Président de la République, censé être le père de la Nation, pourrait, au nom de tous, sacrifier un seul bélier comme offrande à une religion sacrée et comme sacrifice de tout un peuple" propose-t-il.

Même si un religieux algérien - chose inimaginable actuellement - acceptait de transformer la proposition profane de Abdou Benabou en Fatwa, le "non-sacrifice" n'a aucune chance de passer.

L’impact des prix

Ce qui fait la différence, c'est l'argent et les prix. Les Algériens "sacrifient" à chaque Aïd, mais les chiffres montrent que le niveau des prix a un impact sur le nombre des bêtes sacrifiées.

Pour l'Aïd Al-Adha de 2013 et dans un contexte non-anxiogène, ce sont au moins 4,2 millions moutons pour un prix moyen de 32.000 dinars qui ont été sacrifiés contre 2,7 millions en 2012 pour un prix moyen de 45.000 dinars

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Le prix du mouton a un impact direct sur le nombre de bêtes sacrifiées. En 2011, "année des rappels" distribués pour éviter la "contamination" de la révolutionne tunisienne, pour un prix moyen de 25.000 dinars, on a atteint le record de 5,7 millions de moutons sacrifiés.

Les éleveurs ne trouvent pas ces chiffres ahurissants, ils avancent que le cheptel en Algérie se renouvelle et croit avec l'amélioration des techniques et de la couverture sanitaire.

Le cheptel ovin serait, selon des chiffres du ministère de l'agriculture, constitué, selon les chiffres de 2010, de 22,5 millions de tête avec un niveau de fécondité qui s'est multiplié par deux.

Pour cette année et à deux semaines de l'Aïd, le prix "moyen" n'est pas clairement établi. On parle de 30.000 dinars pour les "chétifs", 50.000 dinars pour le mouton moyen. Quant aux grands moutons de "combat", ils pourraient dépasser les 70.000 dinars. Sur le site de Oued-Kniss, on informe que le mouton, très apprécié, de Ouled Djellal coûte entre 40.000 et 70000 dinars en hors taxe. L'annonce précise à ceux "qui veulent la facture.... il faut ajouter 17 % pour la TVA".

Les prix, comme de "tradition", ont tendance à augmenter à l'approche du jour "J". Certains suggèrent d’en importer du Soudan pour éviter une flambée des prix. Cela ne coûtera pas plus de 10.000 dinars a affirmé l’ambassadeur du Soudan à Alger au journal Echourouk.

Mais le coût du transport, très élevé, rendrait le prix du mouton soudanais plus cher que l’Algérien. Reste le marché local et ses prix.

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