ALGÉRIE
20/10/2014 03h:02 CET | Actualisé 20/10/2014 03h:06 CET

Tension: Alger convoque le chargé d'affaires marocain pour lui "signifier l'exaspération de la partie algérienne"

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Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué dimanche le chargé d'affaires marocain à Alger où il a été reçu par le secrétaire général, Abdelhamid Senouci Bereksi, à la suite des accusations lancées par les responsables marocains au sujet de tirs de l'armée algérienne contre des citoyens marocains.

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères précise qu'en raison de l'absence de l'ambassadeur, c'est le chargé d'affaire du Royaume du Maroc qui a été convoqué "suite à l'escalade verbale orchestrée par des hauts responsables marocains contre l'Algérie, dont les forces armées ont été accusées à tort d'avoir tiré sur des civils marocains".

Selon le communiqué, le secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères "a d'emblée rejeté les allégations marocaines du 18 octobre courant au sujet des tirs attribués à des militaires algériens".

Le secrétaire général des Affaires étrangères, ajoute le communiqué, a "signifié au diplomate marocain l'"exaspération" de la partie algérienne de la "récurrence" des accusations et de la répétition des provocations "qui dénotent d'une attitude à l'antipode de ce que doivent être les relations entre les deux pays et les deux peuples frères".

Toujours, selon le communiqué, M.Bereksi a rappelé au chargé d'affaires marocain que "plus d'une fois par le passé des incidents graves impliquant les forces de sécurité marocaines se sont produits dans la région frontalière sans que cela n'ait induit une quelconque prise de mesures de la part des autorités marocaines en dépit des nombreuses démarches officielles entreprises par la partie algérienne".

Enfin, indique le communiqué, le secrétaire général des Affaires étrangères a indiqué au chargé d'affaires que l'Algérie "ne tombera pas dans les travers de la surenchère stérile et qu'elle se garde, comme elle l'a toujours fait, de tout acte et de toute mesure susceptible de justifier l'escalade et d'exacerber les tensions qu'elle s'attelle à réduire avec tous les moyens possibles par respect des valeurs de fraternité et de bon voisinage".

Pour rappel, le Maroc a accusé, samedi 18 octobre, l'armée algérienne d'avoir tiré sur des citoyens marocains en blessant grièvement l'un d'eux. Le gouvernement marocain a convoqué l'ambassadeur d'Algérie à Rabat et a exigé des explications sur ce "grave" incident.

Le gouvernement marocain a dénoncé un " acte irresponsable et injustifié qui s'ajoute à d'autres agissements provocateurs (...) au niveau des frontières" et a demandé à Alger d'assumer ", sa responsabilité (...) et à fournir aux autorités marocaines les explications nécessaires. Le ministre marocain de l'intérieur, Mohamed Hassad a demandé que "l'auteur des tirs doit être traduit en justice".

Alger a réagi dimanche dans un communiqué des Affaires étrangères en dénonçant une "présentation fallacieuse" de l'incident survenu le 18 octobre et son "exploitation politico-médiatique abusive". Selon le communiqué, il y a eu deux tirs de sommation en l'air qui "ne peuvent, en aucune manière, provoquer des blessures à l'une quelconque des personnes engagées dans l'acte de provocation".

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