ALGÉRIE
03/03/2016 18h:57 CET | Actualisé 04/03/2016 02h:05 CET

L'affaire Hezbollah: l'Algérie "refuse de s'exprimer en lieu et place des Libanais"

AFP

L'Algérie "refuse de s'exprimer en lieu et place des Libanais dans une affaire qui les concerne" à la suite de la décision du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur de considérer le Hezbollah comme étant une "organisation terroriste", s'interdisant "toute interférence" dans ce dossier, a indiqué jeudi 03 mars le porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE).

"Dans le prolongement de la réponse du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, à la question de savoir quelle était la position de l’Algérie au sujet de la décision du Conseil des ministres de l’Intérieur des pays arabes de considérer le Hezbollah libanais comme étant une organisation terroriste", le porte-parole du MAE, Abdelaziz Benali-Cherif a souligné dans une déclaration à l'APS, "que le Hezbollah est un mouvement politico-militaire qui fait partie du paysage social et politique du Liban et qui participe aux équilibres fragiles patiemment et laborieusement négociés dans ce pays, notamment en vertu des Accords de Taëf auxquels il a été partie prenante".

"Toute décision concernant ce mouvement doit, donc, émaner des Libanais eux-mêmes. L'Algérie, pour qui la non-immixtion dans les affaires internes des autres pays est l’un des principes directeurs de sa politique étrangère, s’interdit toute interférence dans ce dossier et refuse de s’exprimer en lieu et place des Libanais dans une affaire qui les concerne d’une manière exclusive", a-t-il affirmé.

"Ceci dit, il est clair que ce mouvement, membre de la coalition gouvernementale et acteur au niveau du Parlement libanais dans lesquels il compte de nombreux représentants, a lui également le devoir de ne pas s’ingérer dans les affaires des autres et d’éviter toute implication dans la déstabilisation de son environnement", a-t-il fait remarquer.

"L’Algérie continuera, pour sa part, à agir pour éviter les dissensions et renforcer la solidarité entre les pays de la sphère arabo-musulmane", a ajouté le porte-parole du MAE.

Le Conseil de coopération du Golfe formé de l'Arabie saoudite, du Qatar, de Bahreïn, du Koweït, des Emirats arabes unis et d'Oman, a classé mercredi comme "terroriste" le Hezbollah.

Ces monarchies accusent le Hezbollah de servir de tête de pont à l'Iran pour s'ingérer dans les affaires des pays arabes. Elles l'accusent de "recruter les jeunes (du Golfe) pour perpétrer des actes terroristes" et de "tenter de déstabiliser" leurs pays.

Leur décision est intervenue au lendemain d'un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah qui a accusé l'Arabie saoudite d’œuvrer pour une "sédition entre musulmans sunnites et chiites".

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