ALGÉRIE
17/09/2014 04h:06 CET | Actualisé 17/09/2014 08h:02 CET

Hanoune dénonce des attaques contre les "acquis sociaux" des Algériens et fustige les patrons privés

Facebook
Louisa Hanoune

Louisa Hanoune a dénoncé, hier, mardi 16 septembre 2014, avec vigueur le projet de code de travail et l'avant-projet de loi sur la santé qui, selon elle, "franchissent toutes les lignes rouges" et remettent en cause les droits au travail et aux soins. Elle a sonné la charge contre les patrons privés et s'est félicité qu'Ali Haddad, une "pieuvre" n'ait pas atteint ses "objectifs" sur Sonatrach.

C'est une "régression terrible" a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse en prônant la constitution, avec le syndicat Ugta, d'un front pour s'opposer à une attaque contre les "acquis sociaux".

La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) parle d'un retour à l'ère "précapitalistes" et à "l'esclavagisme" et évoque la possibilité d'un recours à la grève.

Le projet de code du travail est fortement décrié dans les milieux syndicaux en Algérie car selon eux, il généralise le contrat à durée déterminée (CDD), porte atteinte au droit de grève, donne un pouvoir quasi-absolu aux patrons et comporte de nombreuses régressions dans le domaine des droits sociaux.

Louisa Hanoune y voit une atteinte à la Constitution et le considère comme allant à l'encontre des valeurs du combat des Algériens contre l'ordre colonial. Elle n'est pas surprise de voir les patrons apprécier ce code et elle les charge avec virulence.

Il est temps, estime-t-elle qu'ils donnent des explications sur ce qu'ils ont fait des "subventions et des aides obtenues par l'Etat".

Louisa Hanoune, qui avait accusé sans le nommer - mais sans équivoque - le patron de l'Etrhb, Ali Haddad, un proche du cercle présidentiel, de chercher à placer "un ami" à la tête de Sonatrach, a estimé qu'il n'a pas atteint ses objectifs malgré le limogeage de Abdelhamid Zerguine.

Selon elle, le limogeage de Zerguine n'était pas le couronnement des tentatives qu’elle avait imputées à Ali Haddad de "placer un ami" à Sonatrach afin d'obtenir des marchés.

LIRE AUSSI:

Elle dit avoir mené son enquête et en a eu la conviction que l'homme d'affaires n'a pas "atteint ses objectifs". " "J'ai parlé avec le ministre (Youcef Yousfi, ndlr) et je lui ai demandé des éclaircissements. J'ai la certitude, jusqu'à maintenant que la décision de limogeage n'a pas de lien avec l'homme d'affaire bien que cette personne soit une pieuvre qui active dans tous les secteurs"

Une santé à deux vitesses

Pour la loi sur la santé, Louisa Hanoune accuse ses initiateurs d'instaurer un système de santé à deux vitesses avec de soins qui deviennent payants partagés entre le patient (20%) et la sécurité sociale (80%).

Pour elle, ce sont 14 millions d'Algériens qui n'ont pas de sécurité sociale qui se retrouveront sans soins médicaux. Elle n'apprécie pas non plus la permission accordée au personnel médical d'effectuer un travail complémentaire dans le secteur privé.

C'est, dit-elle, une légalisation des pratiques, existantes, du transfert des malades du secteur public vers le privé.

On est dans une légalisation de la destruction des soins gratuits, a-t-elle ajouté, en comparant la loi à ce qui s'est passé en Egypte avec l'abandon, sous Moubarak, "par l'Etat de ses obligations envers les besoins essentiels du peuple laissant le champ ouvert aux associations des frères musulmans qui donnent des aides" avec des objectifs politiques.

Au plan international, Hanoune a qualifié le Daech de "fabrication" de la CIA et des services de renseignement anglais.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.