ALGÉRIE
09/09/2014 04h:09 CET | Actualisé 09/09/2014 04h:11 CET

Le public et les "piratages" des TV privées menacent les Verts, s'alarme Mohamed Raouraoua

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Sur le terrain, le verts ont fait un bon départ, mais...

L'équipe nationale algérienne de football risque d'être disqualifiée des éliminatoires de la coupe d'Afrique des nations (CAN-2015) en raison du "piratage de ses matchs par des chaînes de télévisions privées algériennes" s'est alarmé, lundi, le président de la fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua.

Les propos du président de la FAF ont été tenus en marge de la signature, lundi, d'un accord de partenariat avec l’opérateur de la téléphonie Mobile ATM Mobilis avec la Fédération algérienne de football (FAF) et des équipes nationales pour une durée de cinq années.

Les chaines "privées" algériennes, au statut encore flou de "chaines étrangères" constituent une nouvelle menace pour l'équipe de football, la première étant l'attitude du public.

Mohamed Raouaraoua et Saad Dama, DG de Mobilis

La terrible tragédie de la mort du camerounais Albert Ebossé, attaquant de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), tué le 24 aout dernier à la suite d’un jet de projectile braque encore plus fortement l'attention sur le comportement turbulent et violent de certains supporteurs algériens.

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Le Président de la FAF a été très clair : la Confédération Africaine de Football (CAF) suit à la loupe ce qui se passe autour de l'équipe nationale de football et pourrait sévir. Il y a de la sanction dans l'air. Le match des "verts" contre le Mali prévu mercredi au stade Mustapha Tchaker à Blida sera mis sous haute observation.

Mohamed Raouaraoua a rappelé que la Fédération Algérienne de football a déjà reçu un blâme de la FIFA pour comportement "antisportif" des supporteurs algériens. Elle risque désormais d'être disqualifiée par la confédération africaine menace de disqualifier l'équipe algérienne en cas de jets de projectiles, quels qu'ils soient, sur le terrain à Blida.

La sanction la "moins grave" que prendrait la confédération africaine consistera à faire jouer l'équipe nationale "sans la présence de ses supporters lors des prochains matchs à domicile".

Mohamed Raouraoua a appelé les supporteurs à faire preuve de "responsabilité", à respecter les "hymnes nationaux" des équipes adverses, à s'abstenir d'utiliser le laser et les fumigènes.

"C’est le moment où jamais de se montrer responsables et soucieux de l’avenir de l’équipe nationale. J’appelle nos supporters à être fair-play face au Mali pour ne pas porter préjudice à notre sélection. Il faudra donner l’exemple et surtout ne pas siffler l’hymne national de l’adversaire."

Des soucis avec les TV "privées"

Mais les soucis de Raouraoua ne se limitent plus aux turbulents fans des verts. Les chaines de télévision privée constituent désormais une nouvelle menace.

La télévision publique algérienne n'ayant pu s'entendre avec Bein Sport sur l'achat des droits de diffusion (la chaine qatarie réclamant 1 million de dollars par match), les algériens sont privés des matchs de leur équipe nationale quand elle évolue à l'extérieur.

Les chaines privées, utilisant le système D, ont saisi l'aubaine pour faire de l’audimat en diffusant de larges séquences du dernier match de l'Algérie dans le cadre de la CAN 2015. D’où l’inquiétude de Raouraoua, échaudé par le précédent du "piratage" effectué par la télévision publique algérienne, ENTV.

Sa décision, controversée, de pirater le match Burkina Fasso - Algérie en octobre 2013 après avoir échoué à trouver un accord avec Al-Jazeera Sport, détentrice des droits de retransmission, avait entrainé des sanctions au détriment de la FAF. Elle a été condamnée par la FIFA, à payer 2 millions de dollars.

Depuis, on "sait" en Algérie qu'on ne badine pas avec les droits de transmissions cédés par la FIFA ou les confédérations. Raouraoua s'est inquiété ainsi de voir des chaines de télévisions privées algériennes diffuser de "longues séquences de la rencontre de la sélection nationale à Addis-Abeba".

"Ce comportement met en péril l’avenir de notre équipe dans les éliminatoires de la CAN" a déclaré le président de la FAF. "Aucune chaîne de télévision n’a le droit de passer des matchs ou des séquences de matchs sans en avoir acheté les droits des parties concernées. La Confédération africaine de football ne passera pas sous silence un tel acte, et elle peut aller jusqu’à disqualifier la sélection du pays concerné".

Il a appelé ces chaines de télévision à " ne pas porter préjudice à la sélection nationale".

Officiellement, ces chaines de télévision privées n'ont tpas d'existence juridique. Elles fonctionnent sur la base d'un statut de "correspondant de chaines étrangères"

A l'évidence, le président de la FAF sait que cette fiction juridique ne sera d'aucun secours devant les instances internationales en cas de plainte de Bein Sport qui détient les droits de retransmission des rencontres des éliminatoires et de la phase finale de la CAN.

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