MAGHREB
11/04/2014 08h:45 CET | Actualisé 11/04/2014 11h:27 CET

Élection Présidentielle en Algérie: Les camps Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis durcissent le ton

Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet de Bouteflika depuis la mi-mars

Alors qu’à Ghardaïa, dans le sud du pays, les affrontements intercommunautaires ont repris comme en témoigne cette inquiétante vidéo postée par Rachid Nekkaz (à visionner ci-dessous), candidat retoqué aux présidentielles, une certaine fébrilité s’installe au sein des Etats-majors durant les derniers jours de campagne. Le camp Bouteflika met en garde contre le recours à la rue, le camp Benflis met en garde contre la fraude.

On attendait Abdelmalek Sellal, officiellement directeur de campagne du président Abdelaziz Bouteflika, c’est Ahmed Ouyahia, son directeur de cabinet depuis la mi-mars qui est passé, hier à l’émission "Des questions et des programmes" de la chaine publique avec un discours rodé, assez langue de bois.

Un changement de casting qui évite au camp présidentiel les sorties, impromptues et parfois désastreuses, d'Abdelmalek Sellal, amateur de gags qui se retournent contre lui.

Les journalistes qui avaient interrogé, la veille Ali Benflis, sur un mode vindicatif ont été très "respectueux". Cela a donné une émission tranquille mais bien plate par rapport à celle de la veille où les journalistes, par un parti pris flagrant, auront largement servi Ali Benflis.

Ahmed Ouyahia a "bétonné" au cours de l’émission: il n’y a pas "d’exclusion politique" en Algérie, la démocratie avance, il n’aime pas le mouvement Barakat, tout comme le "printemps" à qui il refuse d’accoler le qualificatif d’"arabe".

Ce n’est pas une nouveauté chez Ahmed Ouyahia qui a déjà mis en avant dans le passé une vision conspirationniste du "printemps" qui ne serait pas "arabe" mais un "déluge" visant les pays arabes.

Le thème de la "menace" étrangère contre la "stabilité" associé au printemps arabe a été martelé par les ministres en charge de la campagne pour le compte de Bouteflika.

Dans un de ses récents meeting il a affirmé que le "printemps arabe est en réalité une véritable tragédie" qui n’a apporté " aux pays concernés que désordre, instabilité et un recul du processus de développement".

Un climat "printanier" propice aux sit-in!

Le plus gros souci du camp Bouteflika après une campagne difficile est de mettre en garde contre le "recours à la rue". Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation (sénat) a averti que cette perspective était une "ligne rouge".

C’était le principal message d’Ahmed Ouyahia au cours de l’émission.

Il faisait le pendant au discours anti-fraude développé par Ali Benflis, principal adversaire d’Abdelaziz Bouteflika. Ali Benflis qui estime qu’en 2004, c’est la fraude qui a gagné pas Bouteflika, donne des signes qu’il ne se contentera pas, le 17 avril au soir, de rentrer chez lui.

Que fera Ali Benflis, c’est le sujet principal des discussions, comme par exemple sur RadioM, la web-radio de Maghreb Emergent regroupant dans une "cuisine" des journalistes algériens qui décortiquent les évènements liées à la présidentielles.

Et si Ali Benflis, hausse le ton, sans entrer dans les détails, certains de ses partisans, évoquent ouvertement une contestation par la rue. C’est le cas d’Ahmed Lakhdar Bensaid ancien secrétaire général d’une Coordination des enfants de chouhadas (martyrs).

"En cas de fraude avérée aux élections, nous occuperons la rue. Nous observerons, dans un premier temps, des sit-in permanents et pacifiques devant les sièges des commissions de surveillance des élections au niveau local et devant le conseil constitutionnel".

Et ajoute-t-il, "pour les sit-in, le climat printanier s'y prête à merveille pour camper toute la nuit devant le Conseil constitutionnel…".

De quoi rappeler ce "printemps arabe" qui suscite les frayeurs du camp Bouteflika?

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