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09/04/2015 10h:35 CET | Actualisé 09/06/2015 06h:12 CET

Pourquoi l'Algérie a perdu la Coupe d'Afrique des nations

Ce n'est pas demain la veille qu'on en saura un peu plus sur les tenants et aboutissants de la énième gifle reçue par l'Algérie: la perte de l'organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2017. Dans un pays qui, depuis bien longtemps, se refuse à tout inventaire salutaire, dans une Algérie qui s'est rarement imprégnée de la culture civilisée qui consiste à ''tirer les leçons pour que cela ne se reproduise plus'', on avalera la couleuvre. Et, comme si de rien n'était, on renouera avec le hara-kiri et l'échec.

ASSOCIATED PRESS

Ce n'est pas demain la veille qu'on en saura un peu plus sur les tenants et aboutissants de la énième gifle reçue par l'Algérie: la perte de l'organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2017. Dans un pays qui, depuis bien longtemps, se refuse à tout inventaire salutaire, dans une Algérie qui s'est rarement imprégnée de la culture civilisée qui consiste à ''tirer les leçons pour que cela ne se reproduise plus'', on avalera la couleuvre. Et, comme si de rien n'était, on renouera avec le hara-kiri et l'échec.

L'art de l'autoflagellation, c'est notre pêche mignon. On aime !

Pourquoi l'Algérie a perdu la CAN 2017 ? Mon confrère Hervé Penot du quotidien L'Équipe croit dénicher la réponse qui ne sera pas forcément partagée par des pans entiers de l'Algérie du foot. Spécialiste du football africain dont il connait les coulisses et le sens des courants, Hervé Penot évoque un règlement de compte signé Aissa Hayatou. Le président de la Confédération africaine ''n'avait pas l'intention de faire un cadeau'' à l'Algérie. ''Ses relations avec Mohammed Raouraoua, le président de la fédération algérienne, se sont détériorées ces derniers mois et il a insisté, auprès des 14 votants (membres du Comité exécutif), sur le volet sécuritaire en rappelant le nombre de policiers blessés lors de chaque journée du championnat. Les tensions récentes entre la CAF et les pays du Maghreb n'ont pas, non plus, joué en faveur de l'Algérie''.

S'il y a du vrai dans la lecture du confrère de L'Équipe, cela ne doit pas jeter le voile sur le fond du problème et sur ''bayt al qacid'' : l'Algérie n'est plus un pays qui gagne ! Et depuis longtemps. Cela fait une éternité que l'Algérie du sport a cessé de se conjuguer au mode du succès. Cela fait un bail que le pays est à court de stratégie et de visibilité dans le registre du sport. Cela fait des années et des années que les idées pertinentes et fécondes se font désirer du côté de la place du 1er Mai. Et puis, et puis ! Au nom de quelle logique parie-t-on sur une ''Algérie sportive qui gagne'' quand, depuis des années, L'Algérie tout court ne fait que perdre. Encore et toujours.

Lisons cette réaction à chaud d'un avisé qui, à mes yeux, sait de quoi il parle. Baghdadi Si Mohamed - c'est de lui qu'il s'agit - est un nom que les moins de trente/quarante ans ne peuvent pas connaitre. Directeur des sports, puis secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports au temps de l'âge d'or du sport algérien, il a traversé le ''siècle'' heureux du sport algérien. Il a vu l'Algérie arracher avec brio le droit d'organiser des évènements sportifs prestigieux; il a vu l'élite sportive nationale accédér aux plus hautes marches des podiums internationaux; il a vu un paysage sportif peuplé par des cadres compétents et désintéressés; il a présidé aux destinées d'une ''mandouma riyadiya'' où le sport à l'école était loin d'être sacrifié par une ''oussra tarbawiya'' charlataniséé; il a vu une ''mandouma riyadiya'' où la politique de la ''chkara'' sonnanté, trébuchante et corruptrice était bannie !

Lisons ce que le très respectable Si Mohamed Baghdad a posté hier alors que le nom du Gabon résonnait encore dans les oreilles : ''L'Algérie n'organisera pas la Coupe d'Afrique de football en 2017. Et après? Les commentateurs sportifs sont atterrés! comme si un séisme avait ébranlé le pays. Bien sûr, pour la gloriole, la politique de prestige, cela aurait été bien. Mais il faut regarder les choses en face. L'Algérie est menacée à ses frontières, les prix du pétrole ne cessent de baisser et nous contraignent à une politique d'austérité. La politique de santé est hésitante, le social est l'objet de spéculations effrénées sur le logement et le foncier. Cernons l'essentiel et travaillons le fond.Renforçons les clubs qui vont disputer la Champions Ligue et fondons l'EPS à l'école primaire. Tout l'argent de la CAN est à orienter vers cette finalité.L'Algérie n'organisera pas la CAN 2017. C'est une excellente nouvelle!''

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