ALGÉRIE
12/06/2019 17h:51 CET

Algérie : Comment ne pas louper sa transition économique

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Le cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise (CARE) a organisé à Alger une rencontre autour de “l’économie de la transition” en s’appuyant sur les exemples Tchèques, Polonais et Hongrois, trois ex pays communistes qui ont réussi leur passage d’une économie planifiée à une économie de marché.

Dans le cas de l’Algérie, il y’a urgence à organiser cette transition rapidement et dans les meilleures conditions “avant d’affronter le tsunami qui risque de s’abattre sur nous prochainement”, a averti Slim Othmani à l’ouverture de la rencontre.

“Il faut élaborer une feuille de route et la remettre à ceux qui gouvernent notre pays”, a-t-il encore suggéré. Sur quel modèle s’appuyer pour mettre en route une transition réussie ? les experts invités à partager l’expérience avance deux démarches : une “transition de choc” ou une “transition graduelle”.

La première permet de surmonter les moments difficiles pour basculer dans une économie privatisée, alors qu’avec la “transition graduelle”, “il y’a risque de revenir en arrière face à la Montagne de difficultés à surmonter.”, a averti l’économiste Tchèque Thomas Sedlacek, auteur de “Economic of Good and Evil” un best-seller traduit en 21 langues.

Les experts, rappellent qu’une transition réussie ne peut se faire sans l’acceptation par le peuple des sacrifices à faire pour basculer dans une autre économie. En claire, il serait difficile de mettre en place des solutions alternatives s’il n y’a pas de réflexion en amont.  

“La mise en place de marchés, la création d’institutions, la modification des perceptions et des comportements, toutes ces tâches ne peuvent être accomplies par les seuls décideurs et prennent du temps.”, a expliqué M Kovacs membre de la présidence de l’Association hongroise pour l’Economie.

Mais, il ne faut pas se tromper : si la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie ont réussi leur passage vers un autre modèle économique, il n’en demeure pas moins que malgré les progrès considérables constatés presque dans tous les domaines, en matière de libéralisation et de privatisation, les interventions de l’État dans les entreprises n’ont pas encore été éliminées.

Quels bilans peut-on faire de ces années de transition ? Une libéralisation rapide, un vaste programme de privatisation des petites entreprises et une stabilisation macroéconomique soutenue ont jeté les bases d’un changement institutionnel stable et fructueux, même s’il a été progressif.