ALGÉRIE
04/09/2014 02h:42 CET

Algérie : Un "ultimatum" d'investissement industriel aux concessionnaires automobiles

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L'obligation d'investir dans l'industrie, un virage?

Les concessionnaires automobiles en Algérie font désormais face à de nouvelles obligations légales : ils n'importeront que les véhicules mentionnés dans leur cahier des charges et ils devront investir dans l'activité industrielle sous peine de perdre leurs agréments.

La première disposition veut mettre fin au phénomène des concessionnaires "multimarques", assez décrié en Algérie. Mais la mesure la plus significative est l’obligation qui est faite désormais aux concessionnaires de réaliser un investissement dans l’activité industrielle ou semi-industrielle.

Pour les concessionnaires déjà en place, cet investissement doit être réalisé dans un délai de trois ans à compter du 1er janvier 2014. Il ne leur reste plus que 27 mois, soit jusqu’à janvier 2016, pour réaliser cet investissement sous peine de mettre la clé sous le paillasson en vertu de l’arrêté du ministre de l’industrie Abdeslam Bouchouareb publié dans le dernier journal officiel.

Pour les éventuels nouveaux concessionnaires, le délai de réalisation de l’investissement est de trois ans à compter de la date d’octroi de l’agrément définitif. Les concessionnaires actuels ou futurs qui n’auront pas réalisé cet investissement dans le délai imparti se verront retirer leur agrément.

Une explosion des importations

C’est la première fois que les pouvoirs publics prennent des mesures contraignantes dans un secteur reste de "pure importation" malgré la volonté proclamée des autorités algériennes de créer une industrie automobile en Algérie. Elles devraient, estiment des analystes, faire l'affaire de la nouvelle usine Renault à Oran qui devrait commencer à produire en novembre avec un objectif de 25 000 véhicules par an et 75 000 unités par an à l’horizon 2020.

En novembre 2012, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal avait demandé dans une instruction aux ministères des Finances, du Commerce, de l'Industrie et des Transports de prendre des mesures dissuasives contre l'importation de véhicules qui ne répondent pas aux critères de sécurité.

Le Premier ministre s'inquiétait de la "forte croissance des flux d’importation de véhicules automobiles enregistrant un niveau de 2,1 milliards de dollars en 2011 et un fort accroissement, de l’ordre de 40%, pour les neuf premiers mois de l’exercice en cours".

Une situation imputée à "l’augmentation de la demande, mais aussi à la dérégulation du marché... favorisée le non-respect par les concessionnaires de leurs conditions d’agrément et la prolifération de revendeurs non agréés agissant en toute illégalité renforçant ainsi le secteur informel et la spéculation".

Il leur a demandé de faire en sorte que les concessionnaires respectent la règlementation et de s'assurer de l’homologation des véhicules selon le cahier des charges.

Les modalités de réalisation de l’investissement obligatoire sont assez souples : le concessionnaire peut le faire seul ou en partenariat avec des opérateurs nationaux et étrangers qui activent dans le secteur de l'automobile.

L’investissement peut être réalisé par le concessionnaire lui-même ou en partenariat avec des opérateurs nationaux ou étrangers activant dans les secteurs liés à l’automobile, selon les critères fixés par le cahier des charges.

Même s'il a enregistré un recul ces derniers mois, le marché automobile reste très porteur en Algérie. Au cours du premier semestre 2014, la valeur des importations des principaux concessionnaires automobiles en Algérie a été de 3,21 milliards de dollars.

Un chiffre élevé même s'il marque un recul de 19% par rapport à la même période en 2013 où il s'est établi à 3,97 milliards de dollars. 240.931 véhicules ont été importés par une quarantaine de concessionnaires au cours du premier semestre 2014 contre 322.058 en 2013, soit un recul de l'ordre de 25%.

Le record d'importation a été atteint en 2012 avec plus 600.000 véhicules importés pour un montant de 7,6 milliards de dollars, un effet des hausses et "rappels" de salaires accordés en 2011 et 2012. Une décrue a été entamée en 2013 où "seulement" 554.269 véhicules ont été importés pour un montant de 7,33 mds dollars.

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