ALGÉRIE
24/06/2018 18h:57 CET | Actualisé 24/06/2018 19h:12 CET

Alger veut devenir une ville intelligente à l'heure des coupures stupides d'internet

La capitale organise l’événement Smart Cities les 27 et 28 juin.

NurPhoto via Getty Images
Alger - Photo d'archive. 

 

Exactement au moment de la deuxième coupure internet de la 4e journée de l’examen du bac, prévue dimanche 24 juin après midi, le wali d’Alger Abdelkader Zoukh a animé une conférence de presse pour annoncer le séminaire Smart Cities 2018 qu’accueillera à partir de mercredi la capitale et affirmant l’ambition de cette dernière de devenir une ville intelligente.

Les journalistes présents ne pouvaient pas relayer l’annonce en direct sur internet, se contentant de prendre des notes sur les déclarations de M. Zoukh. Ils ne pouvaient pas non plus consulter le programme disponible en ligne, et c’est sans doute la raison pour laquelle les services de la communication de la wilaya ont distribué une version imprimée sur une cinquantaine de pages.

M. Zoukh a parlé du séminaire qui se déroulera les 27 et 28 juin au Centre International des Conférences Abdelatif Rahal (CIC) avec plus de 3000 participants venus de plus de 40 pays et 15 institutions mondiales. L’événement est de dimension internationale donc mais le wali n’a mentionné le haut patronage du président de la République qu’une seule petite fois.


Affirmant que Smart Cities 2018 entre dans le cadre du plan stratégique Alger 2015-2035, M. Zoukh a rappelé, non sans satisfaction, le passage aux papiers biométriques et certaines facilitations dans le retrait des documents administratifs. Ces avancées entrent, pour lui, dans l’ambition de rendre Alger plus intelligente.

Le conférencier a prononcé le mot “startup” une bonne dizaine de fois de plus que dans ce paragraphe, confirmant que le buzzword a cimenté sa place dans l’univers rigide de l’expression politique algérienne et ouvrant la voie à d’autres progrès. M. Zoukh, qui a mentionné deux précédentes conférences organisées par la wilaya d’Alger au profit des startups, a parlé des talks et des ateliers destinés aux startups ainsi que du hackaton et du Startup challenge prévus lors de l’événement.

“Lors des conférences organisées en 2017 et au début de 2018, nous avons constaté qu’il fallait mettre en place l’écosystème nécessaire au développement des startups”, a affirmé Abdelkader Zoukh alors que des journalistes vérifiaient sur leurs téléphones si internet est revenu ou pas encore.

La presse internationale a depuis mercredi rapporté sur un ton ironique l’information du blackout numérique algérien programmé pour empêcher les candidats au bac de tricher. Face aux critiques, la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit a affirmé que couper internet était “la seule alternative pour consacrer l’équité et la justice pour l’ensemble des candidats”.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a, lui, assuré que le gouvernement cessera de couper l’accès à internet “lorsque d’autres solutions prouveront leur efficacité”.

Serein jusqu’ici et fier par moments lorsqu’il parlait des avancées, le wali d’Alger s’est un peu énervé quand on lui a rappelé les coupures.

Un journaliste a donc posé la question à M. Zoukh: “Comment Alger veut-elle devenir une ville intelligente alors que des passagers ont été bloqués à l’aéroport international à cause de la coupure internet?”.

“Nous n’avons pas dit qu’Alger est une smart city. Mais nous ambitionnons, nous cherchons, nous travaillons pour une ville intelligente”, a martelé le wali, tapant du poing sur la table pour souligner chaque mot.

Avec ses nombreuses conférences et activités, le riche programme du séminaire devrait permettre des échanges intéressants entre les 200 jeunes participants algériens et ceux venus d’ailleurs. De quoi s’équiper pour développer des solutions intelligentes, dont, on espère, une alternative à la solution de Benghebrit et d’Ouyahia.