ALGÉRIE
18/02/2015 07h:26 CET | Actualisé 18/02/2015 08h:29 CET

Alger et Tunis veulent redonner "vie" à la bande frontalière commune pour contrer le terrorisme

Facebook/Beji Caid Essebsi

La wilaya d’El-Oued (Algérie) et le gouvernorat de Tozeur (Tunisie) se préparent à un "jumelage" destiné à créer un partenariat renforcé entre ces deux régions voisines.

Une rencontre a eu lieu, hier mardi, à la commune frontalière de Taleb-Larbi (80 km à l’est d’El-Oued) entre le wali d'El Oued, Salah El-Affani et le gouverneur de Tozeur, Mohamed El-Mansouri afin d'identifier les domaines de coopération entre les deux régions.

Trois ateliers techniques ont mis en place, indique l'agence APS. Le premier prendra en charge les affaires sociales et les possibilités d'échanges dans les domaines de la culture, du tourisme, de la santé, du sport et de la formation.

Le deuxième atelier portera sur l’étude des affaires économiques, l’industrie, le développement, les échanges commerciaux et l’échange d’expériences en matière de création de petites et moyennes entreprises. Un troisième atelier a été chargé d'examiner "les voies de développement de l’investissement agricole entre les deux wilayas".

Une volonté de relance…

L'Algérie et la Tunisie ont décidé le 8 février à l'occasion de la cérémonie marquant le 57e anniversaire des bombardements français contre Sakiet Sidi Youssef de créer des commissions locales et régionales conjointes pour l'élaboration d'une stratégie de développement dans les zones frontalières.

L'annonce a été faite par Tayeb Belaïz et Najem Gharsalli, ministres de l'Intérieur des deux pays. Les commissions ont également pour but d'identifier les projets pouvant être menés en commun pour améliorer les conditions des populations de la bande frontalière et renforcer la sécurité.

Cette volonté de relancer la coopération économique sur la bande frontalière avait été fortement affichée en juillet 2014 lors d'une rencontre à Tébessa entre le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal et le Chef de gouvernement tunisiens à l'époque, Mehdi Jomaâ.

Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra avait souligne à cette occasion l’intérêt des deux parties à la "vie de la bande frontalière commune et à la dynamisation des programmes et des projets de développement qui y sont initiés au bénéficie des deux peuples".

La contrebande est devenue un problème sécuritaire

Ce regain d'intérêt -qui reste à concrétiser dans les faits- est largement motivé par des soucis sécuritaires. La contrebande dans la zone frontalière en raison de son imbrication avec les activités terroristes a cessé d'être perçue comme un problème économique dont on peut plus ou moins s'accommoder.

Des analystes du Crisis Group ont relevé dans un rapport intitulé la "Tunisie des frontières: Jihad et contrebande" que la contrebande a cessé de n’être qu’un problème économique.

LIRE AUSSI:"Jihad" et contrebande, un dangereux mélange qui menace la Tunisie selon Michaël Ayari, analyste à l'International Crisis Group.

Le rapport de Crisis Group soulignait que les dimensions économiques et sociales "doivent être prises en compte dans le cadre de tout dispositif sécuritaire".

Le rapport publié en novembre 2013 soulignait aussi qu'une "reprise en main du contrôle frontalier sera bien plus difficile à mettre en place sans la collaboration des populations locales".

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