ALGÉRIE
15/05/2018 15h:36 CET | Actualisé 15/05/2018 15h:37 CET

Alger: Les résidents marquent leur 6e mois de grève par un énième rassemblement

La police a utilisé des canons à eau pour tenter de disperser le rassemblement des médecins à l’hôpital Mustapha.

Lynda Abbou
Le rassemblement des médecins résidents à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger, le 15 mai 2018.

Les résidents en médecine ont tenu mardi 15 mai un énième rassemblement de protestation à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger pour marquer le 6e mois de leur grève et dénoncer “la léthargie” des autorités face à leurs revendications.

Des images publiées sur Facebook ont montré des centaines de médecins rassemblés à l’entrée du CHU Mustapha. Celle-ci a été bloquée par les unités anti-émeutes de la police qui ont utilisé, pour la première fois, des canons à eau pour essayer de disperser le sit-in.

 

“Pouvoir assassin!”, ont scandé les médecins face à la police pour dénoncer la répression dont ils font l’objet, notamment celle qui s’est abattue sur les résidents du CHU d’Oran lors de leur tentative de marcher le 13 mai.

Celle-ci, bien qu’autorisée selon le CAMRA, a été empêchée par la police. 

Un nombre important de médecins ont afflué au CHU Mustapha à Alger dès le matin. Selon le Collectif autonome des médecins résidents (CAMRA) qui encadre la grève, beaucoup ont été arrêtés par la police aux gares ferroviaires et aux gares routières.

Un dispositif policier a été installé au centre de la capitale dès la matinée, a observé le HuffPost Algérie. Les éléments de la police contrôlaient les identités de certains passants à la recherche d’éventuels médecins grévistes. 

Le rassemblement de mardi a été en réponse à l’appel du CAMRA, publié le 12 mai pour “lancer un appel solennel à la présidence de la République” à intervenir face à la “léthargie d’une tutelle qui tente par tous les moyens de discréditer notre mouvement”.

La dernière réunion entre le ministre de la Santé et les représentants des résidents en médecine remonte au 16 avril dernier. Elle s’était terminée sans trouver un accord pour l’arrêt de la grève qui dure depuis le 14 novembre 2017 ni de réponse aux revendications, dont l’abrogation du caractère obligatoire du service civil.

Les résidents en médecine ont, par la suite, décidé le 30 avril de ne plus assurer les gardes de nuit dans les hôpitaux, notamment dans les services d’urgence.

Cette décision a impactée fortement le fonctionnement des hôpitaux. A court de personnel, les médecins spécialistes du CHU Mustapha ont annoncé, à leur tour, ne plus pouvoir assurer les soins. 

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