ALGÉRIE
22/10/2019 14h:08 CET

Alger: La marche du mardi boucle 8 mois de manifestations

Hamdi Baala
Non

Des centaines de citoyens ont manifesté à Alger mardi 22 octobre, 35e rendez-vous hebdomadaires des marches initiées par les étudiants en février puis devenues ces derniers mois dominées par des Algériens de tout âge. 

Pour cette manifestation qui a bouclé 8 mois consécutifs de protestation inédite en Algérie, les manifestants se sont rassemblés à la place des Martyrs le matin et la marche a commencé à 10h30 et a sillonné les rues du centre de la capitale avant de se disperser vers 13h30 près de la Grande Poste.

Les manifestants ont scandé des slogans hostiles au chef d’état major de l’armée Ahmed Gaïd Salah dont ils demandent le départ et ont exprimé leur opposition à la présidentielle que le pouvoir veut tenir le 12 décembre prochain. 

“Dégage Gaïd Salah” et “had el aâm makach el vote” (il n’y aura pas de vote cette année), ont longtemps chanté les manifestants. 

“Le peuple est maître de son destin. Fini le temps des mascarades électorales”, a aussi écrit sur une pancarte un homme qui a pris part à la manifestation. 

“2 millions de salaire et ils protègent les traîtres”

Les manifestants ont également exprimé leur solidarité avec les prisonniers politiques et les détenus politiques, dont des dizaines ont été arrêtés lors des manifestations précédentes. “Attalqo wladna ya lkhawana” (libérez nos fils, bande de traîtres) et “libérez les otages” ont été parmi les slogans les plus répétés. 

Ce mardi, le procès de six détenus arrêtés pour avoir brandi le drapeau berbère lors des manifestations se tenait au tribunal Sidi Mhammed. Au niveau de la place de l’Emir Abdelkader, les étudiants présents dans la marche ont tenté de briser un cordon policier pour aller manifester devant le tribunal mais ils ont été accueillis par des coups de matraque et se sont ravisés. 

“Ils sont payés de millions (de centimes) et ils protègent les traîtres”, ont lancé les manifestants face à la répression policière.  

 

 “Un tsunami le premier novembre”

A 10 jours du 65e anniversaire de la guerre de libération, le 1er novembre qui tombe un vendredi, devenu jour de grandes marches partout le pays, les manifestants ce mardi ont promis d’être au rendez-vous. 

“Le 1er novembre il y aura un tsunami” et “allahou akbar, le 1er novembre”, ont-ils également répété. 

Une averse s’est abattue sur Alger centre vers 13h00, sans pour autant décourager les manifestants qui avaient atteint la place Maurice Audin. “Chta, skhana, hadja ma t’habbasna” (Pluie, chaleur, rien ne nous arrête), ont-ils plutôt scandé en réaction, rappelant encore que la protestation dure depuis 8 mois et a résisté aux changements de saison. 

Une partie des manifestants s’est ensuite dirigée vers le tribunal Sidi Mhammed encore une fois pour soutenir les détenus lors de leur procès.