ALGÉRIE
07/03/2016 05h:04 CET | Actualisé 07/03/2016 06h:25 CET

Alger insiste sur l'impératif d'une solution politique en Libye

APS

La solution politique constitue l'unique voie "qui permettra à la Libye de recouvrer sa souveraineté et sa destinée", a affirmé hier le chef de la diplomatie algérienne devant le secrétaire générale de l'ONU, confirmant par la même l'opposition algérienne à toute intervention militaire chez son voisin libyen.

"Nous avons refusé l'intervention militaire étrangère, en tant que position de principe (de l'Algérie) qui a ses constantes, car ce genre d'intervention entraînera une situation de destructions et de chaos dont on peut se passer", a ajouté le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra lors du point de presse conjointement animé avec Ban Ki-moon.

Une allusion claire à la désastreuse intervention militaire de l'Otan en Libye en 2011 fondée, du point de vue de nombreux pays dont la Russie et la Chine, sur un grave détournement des résolutions du Conseil de sécurité où la protection des civils s'est transformée en action militaire de destruction d'un régime.

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M. Lamamra a, surtout souligné la "nécessité d'une solution politique pacifique" en Libye écartant un nouveau aventurisme qui plongerait le pays davantage dans le chaos et qui rendrait impossible toute entente politique.

"Nous avons discuté longuement sur la situation qui prévaut en Libye, et tout en réitérant le soutien constant de l'Algérie aux missions des Nations unies et aux missions de ses envoyés spéciaux, nous avons souligné la nécessité d'une solution politique et pacifique", a déclaré M. Lamamra

Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a mis en garde une dégradation de la sécurité en Libye en l'absence d'une solution politique à la crise que traverse ce pays.

"Si les choses ne progressent pas sur le plan politique, la crise humanitaire s'aggravera et les atteintes à la sécurité, y compris les attaques de Daech (acronyme en arabe du groupe terroriste Etat islamique, EI) se multiplieront et gagneront du terrain", a déclaré M. Ban.

Ce dernier ne manquera pas d'ailleurs de faire état "d'informations alarmantes (en provenance de Libye) sur la pratique d'actes graves qui pourraient constituer des crimes de guerre".

"Tous les acteurs extérieurs doivent user de leur influence pour calmer la situation" en Libye, qui lui inspire "une profonde inquiétude", a-t-il précisé.

Les Occidentaux qui étaient intervenu en 2011 pour faire tomber le régime de Mouammar Kadhafi se disent inquiets de l'implantation du groupe terroriste EI. Ils se disent "disponibles" à contribuer au rétablissement de la sécurité en Libye à condition qu'un gouvernement d'union nationale en fasse la demande.

Le problème est que le consensus pour la mise en place de ce gouvernement, soutenu par l'ONU, n'est pas encore trouvé. Devant intervenir la fin du mois de février, la mise en place du gouvernement libyen d'union nationale se fait toujours attendre.

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