MAROC
03/06/2019 17h:05 CET | Actualisé 03/06/2019 18h:04 CET

Al Hoceima: Un directeur d'école et deux professeurs convoqués devant le procureur

Au mois de mai, six élèves avaient remplacé le drapeau marocain de l'école par un drap blanc.

Geraint Rowland Photography via Getty Images
Le drapeau était accroché à un mât./ Photo d'illustration. 

RIF - Nouvelle affaire judiciaire à Al Hoceima. Le directeur de l’école primaire rurale Issaguen et deux professeurs vont être convoqués devant le procureur dans les jours à venir, rapporte l’agence de presse espagnole EFE. Ils sont accusés de ne pas avoir dénoncé un “crime” commis par leurs élèves.

Le “crime” s’est déroulé le 17 mai dernier. Six enfants âgés de 8 à 11 ans ont décroché le drapeau marocain de l’école, qui était accroché à un mât, pour le remplacer par un drap blanc, rapporte EFE en citant des sources au sein des autorités locales. 

“La bannière blanche est restée sur le mât pendant quatre jours, jusqu’à ce que la gendarmerie royale de la région soit informée de ce qui s’est passé. Les membres de cet organe ont ouvert une enquête le 20 mai et interrogé les six enfants en présence de leurs parents avant de les relâcher le soir-même”, précise l’agence de presse.

Ce sont ensuite le directeur de l’école et les deux professeurs qui sont passés par l’interrogatoire. Accusés de ne pas avoir dénoncé le “crime”, leur convocation devant le bureau du procureur a été fixée après la fin du ramadan. D’après EFE, qui cite de nouvelles sources proches de l’école, les enseignants n’étaient pas au courant de ce qui s’était produit, le drap blanc ayant été découvert quelques jours plus tard.

Après l’incident, le directeur de l’école a décidé de changer l’emplacement du mât et l’a placé au centre de la cour pour éviter que les événements ne se reproduisent”, ajoute l’agence de presse espagnole.

Alors que les peines ont été confirmées en appel en avril dernier pour les détenus du Hirak, les convocations et arrestations se poursuivent dans la région d’Al Hoceima. Au début du mois de mai, le Rifain Ahmed Chibi a été arrêté et condamné à un an de prison pour avoir dénoncé “la situation catastrophique” de la région du Rif et la peine des détenus.