MAROC
06/04/2019 09h:39 CET | Actualisé 06/04/2019 18h:18 CET

Al Hoceima: Les jugements à l'encontre des détenus du Hirak confirmés en appel

En juin 2018, les peines prononcées allant jusqu’à vingt ans de prison avaient choqué.

FADEL SENNA via Getty Images
 

JUSTICE - La mobilisation et les appels appelant à faire libérer les détenus du Hirak n’y auront rien fait. Tard dans la nuit de ce vendredi 5 avril, la Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a confirmé les jugements prononcés en juin dernier à l’encontre des détenus du Hirak et du journaliste Hamid El Mahdaoui.  

Des peines allant de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis avaient été prononcées, le 26 juin 2018, par la même juridiction.

Meneurs de la contestation née dans le Rif, Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim Boustati et Samir Ighid avaient écopé d’une peine de 20 ans de prison ferme.

Trois autres accusés avaient été condamnés à une peine de 15 ans de prison ferme, six autres à 10 ans prison ferme, et sept détenus à 5 ans de prison ferme, rappelle la MAP. L’agence de presse souligne par ailleurs que sept autres accusés avaient été condamnés à 3 ans de prison ferme, douze autres à 2 ans de prison ferme et qu’un accusé a écopé d’un an de prison avec sursis.

Le journaliste Hamid El Mahdaoui a pour sa part vu confirmer sa condamnation à trois ans de prison pour ne pas avoir alerté la police des appels d’un inconnu lui proposant des armes. 

Des jugements accueillis par des cris de colère “par les familles des militants, réunies dans la salle d’audience après cinq heures de délibéré et quatre mois de procès”, rapporte l’AFP. ”‘Vive le peuple’, ‘État corrompu’, ‘Vive le Rif’, a crié la foule à la sortie de la salle, tandis que des proches des prévenus s’effondraient en pleurs”, poursuit l’agence de presse française.

Comme pour les précédentes audiences, les prisonniers avaient décidé de boycotter le procès, ”à l’unanimité”, à l’exception du journaliste Hamid El Mahdaoui, et ont “refusé de comparaître”, confirmait hier au HuffPost Maroc le coordinateur de la défense de ces détenus, Me Mohamed Aghnaj. Rabie Al Ablaq, l’un des détenus du Hirak, a repris sa grève de la faim, confirmait par ailleurs à notre rédaction, avant cette audience attendue, Me Mohamed Aghnaj.

Les inculpés ont été poursuivis, chacun en ce qui le concerne, de plusieurs chefs d’inculpation, notamment “atteinte à la sécurité intérieure de l’État”, “tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage”, “réception de fonds, de donations et d’autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d’attenter à l’unité et la souveraineté du royaume”, souligne une dépêche de la MAP. Ils étaient, également, accusés “d’ébranler la loyauté des citoyens envers l’État marocain et les institutions nationales”, “la participation à l’organisation d’une manifestation non autorisée” et “la tenue de rassemblements publics sans autorisation”.

En juin dernier, les verdicts prononcés en première instance avaient choqué et conduit à une vaste vague de soutien, avec plusieurs messages d’indignation, une forte réaction sur les réseaux sociaux, mais aussi la conduite de sit-in dans le royaume et des pétitions, dont une réclamant au Parlement de “promulguer une loi d’amnistie générale pour les détenus du Hirak”.