MAROC
22/07/2019 16h:30 CET

Akhannouch conseille "un médecin de famille" pour la réforme de la santé

Le RNI veut décrocher le portefeuille de la Santé au prochain gouvernement.

RNI.ma

SANTE - Le patron du RNI, Aziz Akhannouch, s’intéresse de près à la gestion de la santé publique. Ce secteur a fait l’objet de sondages d’opinions menés par le parti de la Colombe pour identifier toutes les difficultés dont il souffre. Le RNI veut y trouver des “solutions concrètes”, assure Akhannouch au premier meeting de l’organisation RNIste chargée du secteur, ce week-end à Rabat.

Reconnaissant que cet intérêt pour le secteur traduit sa volonté de décrocher “la valise de la Santé dans les prochaines années”, en d’autres termes, au prochain gouvernement, Akhannouch prépare donc la stratégie qu’il serait éventuellement amené à mettre en place. La mission n’a rien de facile et le président du RNI s’en montre bien conscient: “le secteur souffre de plusieurs problèmes qui s’imbriquent, certains sont techniques et d’autres politiques liés à la mauvaise gouvernance”.

Face au terrain miné, le RNI veut tenter sa chance estimant détenir les moyens de le dépasser. “Sur la base du travail de terrain (sondages d’opinions), nous avons constaté que le prélude pour une réforme globale est le médecin de famille”, a précisé le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Et d’ajouter que cette réforme devra aussi porter sur l’amélioration des services de santé de proximité et des moyens octroyés aux soins d’urgence. Il préconise également, dans ce cadre, la mise en place d’une “carte de santé intelligente”, d’élargir le nombre de bénéficiaires de la couverture médicale et surtout d’augmenter le budget de fonctionnement de ce secteur. 

Les bases fondamentales de cette réforme sont claires. “Sans un médecin qui connaît très bien l’état de santé de la famille, assure le suivi de son dossier médical depuis un certain temps et sait quel traitement est le plus adapté à chacun de ses membres, il ne faut pas s’attendre à une grande amélioration”, a estimé le patron du RNI regrettant que le Régime d’assistance médicale (RAMED) connaisse des défaillances à l’heure actuelle et que le budget des hôpitaux ne soit pas en adéquation avec les charges supplémentaires qu’impose ce régime. 

Le manque d’effectifs, surtout en médecins spécialistes, a été également évoqué à l’occasion. Akhannouch est convaincu que “c’est l’une des raisons à l’origine de la détérioration du secteur malgré les gros efforts consentis ces dernières années”. Et de préciser que le nombre de ces spécialiste au Maroc ne dépasse pas 0,5 pour mille habitants tandis qu’en France ce chiffre est multiplié par 6. “Nous sommes très en retard”, a constaté le président du parti affirmant que ce dernier veut contribuer à résoudre le conflit entre les étudiants en médecine et le gouvernement. Une commission au RNI travaille dessus “pour rapprocher les points de vue et tourner cette page”.