TUNISIE
03/10/2018 11h:59 CET

Ahmed Néjib Chebbi appelle le gouvernement à révéler la vérité sur les documents présentés par le comité de défense de Belaid et Brahmi

“Tout silence voudra dire obstruction”

Lors de la conférence de presse tenue, mardi, par le comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, le nom de l’ancien secrétaire général du PDP et fondateur du “Mouvement démocrate”, Ahmed Néji Chebbi a été évoqué.

Selon un document retrouvé chez Mustapha Khedher, accusé par le comité de défense, d’être à la tête d’un groupe “d’opérations spéciales d’Ennahdha”, un groupe oeuvrant pour le compte du parti et impliqué dans les assassinats de Belaid et Brahmi, Ahmed Néjib Chebbi aurait évoqué avec l’ambassadeur de France en Tunisie en 2013, l’assassinat du dirigeant d’Ennahdha Abdelfattah Mourou.

“Ma personnalité est à mille lieues de ce dont m’accuse” ce document a commenté Ahmed Néjib Chebbi, affirmant ne jamais avoir eu de telles intentions.

“C’est une personne ouverte, il a une grande culture et de l’humour. Nous avons des relations étroites depuis des décennies” a expliqué Chebbi avant d’ajouter: “Ma relation avec Abdelfattah Mourou est amicale, et il sera le premier à le confirmer. Comment voulez-vous que traverse mon esprit une telle idée?”

FETHI BELAID via Getty Images

 

Interrogé sur sa rencontre avec l’ambassadeur de France à l’époque, le fondateur du “Mouvement démocrate” indique que cela est tout à fait normal au vu de sa présence “de plus de 50 ans sur la scène politique tunisienne”: “Mes relations diplomatiques brassent large: Je rencontre des diplomates, des délégations étrangères, je me déplace à l’étranger (...) j’ai eu de nombreuses rencontres avec l’ambassadeur de France, des États-Unis, de Belgique et de nombreux ministres qui sont venus en Tunisie pour discuter de la situation de la Tunisie”.

Pour lui, le document retrouvé chez Mustapha Khedher est fantaisiste: “Cela est de la pure invention de Mustapha Khedher. Et si le document lui a été remis, cela est le fruit de l’imagination de l’esprit malade de celui qui le lui a remis” a-t-il commenté.

“Les organisateurs de la conférence de presse sont des personnes notables. Ils font parties de mouvements politiques reconnus, dont le rôle par le passé et au présent est incontestable, et sont représentées au parlement” a déclaré Chebbi, demandant au gouvernement de s’expliquer: Les organisateurs “ont présenté des données basés sur de nombreux documents (...) Il faut que le gouvernement communique immédiatement. Que ce soit le chef du gouvernement, le ministre de l’Intérieur ou le ministre de la Justice, il faut qu’ils donnent les précisions nécessaires pour rassurer les Tunisiens sur le fait que les partis politiques en Tunisie aient ou n’aient pas d’appareils sécuritaires propres, et qu’ils fassent la lumière sur ce qui s’est dit hier”.

“Tout silence voudra dire obstruction” a-t-il conclu.

Le comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi a tenu, mardi, une conférence de presse, durant laquelle il est revenu sur les circonstances de l’assassinat des deux militants de gauche, sous le thème: “L’organisation spéciale du mouvement Ennahdha après la révolution et sa relation avec les assassinats politiques: Des vérités révélées pour la première fois”.

Pointant du doigt le rôle joué par Ennahdha dans ces assassinats et présentant de nombreux document, le comité de défense a mis en exergue l’implication de Mustapha Khedher, un militant d’Ennahdha, chez qui plusieurs documents relatifs à ces affaires auraient été retrouvés chez lui.

Le comité de défense a également affirmé qu’un appareil sécuritaire propre à Ennahdha a été mis en place par celle-ci, chargé d’espionner plusieurs personnalités politiques tunisiennes mais également des ambassades étrangères.

Enfin, Ridha Raddaoui, avocat et membre du comité a expliqué qu’il existe une “chambre noire”, inaccessible, au sein du ministère de l’Intérieur qui contiendrait des documents dangereux et pouvant faire la lumière sur ces assassinats: “Le directeur des archives à l’époque nous avait refusé l’accès (...) tout comme ses successeurs” a-t-il regretté. 

 

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