TUNISIE
07/02/2019 11h:19 CET

Ahmed Adhoum: Il n'a jamais été question de fermer toutes les écoles coraniques

“Certains nous accusent de vouloir fermer toutes les écoles coraniques. Il n’en a jamais été question" assure le ministre des Affaires religieuses.

Facebook/Ministère des Affaires religieuses

Le ministre des Affaires religieuses Ahmed Adhoum est revenu, jeudi, sur l’affaire de l’ ”école” coranique de Regueb, louant au passage le rôle joué par les médias dans cette affaire.

“Les médias sont les yeux de l’État, des institutions et des ministères pour montrer les carences et les choses que ces derniers ont peut-être pu ne pas voir” a estimé Ahmed Adhoum.

“Nous avons beaucoup de carences. Nous manquons même d’outils de travail nécessaires. Ce n’est pas nouveau. Nous n’allons pas nous cacher derrière des arguments. C’est une réalité que j’ai décrite dès mes premiers jours au ministère” a-t-il poursuivi pointant du doigt un budget jugé peu conséquent pour son ministère, ne permettant pas à ses agents de faire correctement leur travail.

Concernant la prolifération des écoles coraniques en Tunisie, le ministre des Affaires religieuses a rappelé que “l’école, le jardin d’enfants ou encore le koteb doivent répondre à des conditions légales et pédagogiques spécifiques. Nous avons des écoles qui respectent ces conditions et qui sont autorisées par l’État”.

“Si nous trouvons une école qui a obtenu une autorisation et qui se transforme en dortoir ou n’exerce pas ses fonctions de façon légale (...) nous règlerons le problème” a-t-il prévenu. 

Selon lui, il ne cependant pas mettre toutes les écoles coraniques dans le même panier: “Certains nous accusent de vouloir fermer toutes les écoles coraniques. Il n’en a jamais été question. L’État ne prendra jamais une telle décision” a assuré le ministre des Affaires religieuses.

“Il ne faut pas mélanger les choses: Le Coran et son apprentissage sont protégés, mais si cela se fait dans des conditions et à travers des moyens illégaux, alors à ce moment-là, c’est quelque chose que nous n’autoriserons pas” a-t-il conclu.

L’affaire de l’ ”école” de Regueb a éclaté après la diffusion par la chaine El Hiwar Ettounsi d’un reportage sur une ”école” coranique anarchique ouverte dans la délégation de Regueb où séjournaient 42 enfants âgés entre 10 et 18 ans et 27 adultes âgés entre 18 et 35 ans partageant le même internat sans les moindres conditions de sécurité et d’hygiène. 

Ces derniers ont été victimes de maltraitance et d’exploitation dans des travaux agricoles et de bâtiment, déplore un communiqué du ministère de l’Intérieur. 

Ils seraient, également, endoctrinés puisqu’on y inculque des idées et des pratiques extrémistes.

À la suite de cette affaire, dans la soirée du lundi, le chef du gouvernement a décidé de limoger le gouverneur de Sidi Bouzid ainsi que le délégué de Regueb.

 

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