ALGÉRIE
04/04/2018 18h:12 CET | Actualisé 04/04/2018 18h:14 CET

Ahed Tamimi a subi des attaques à caractère sexuel de la part des enquêteurs de l'occupation

Ammar Awad / Reuters

La militante palestinienne Ahed Tamimi a subi des attaques verbales à caractère sexuel de la part des enquêteurs de l’occupation durant sa détention provisoire, ont déclaré mercredi 04 avril 2018 ses parents. Son avocate Gaby Lasky, relayée par des médias israéliens, a annoncé avoir déposé une requête auprès du “ministère de la Justice” de l’occupation, après avoir dénoncé des “faits de harcèlement sexuel”.

Ahed Tamimi, symbole de la lutte contre l’occupation israélienne, a été condamnée mercredi 21 mars 2018 à huit mois de prison ferme, à trois ans de prison avec sursis et une amende. Elle a été arrêtée en décembre 2017 par les forces de l’occupation pour avoir giflé et bousculé un soldat dans le village de Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée. 

Son avocat, Gaby Lasky, a affirmé que cette adolescente, âgée de 17 ans, a subi un “harcèlement sexuel” de la part d’un enquêteur du renseignement de l’occupation.

Durant les interrogatoires, il lui a ainsi dit des phrases du genre: “Tu as un visage d’ange, des yeux bleus et des boucles blondes”, ainsi que des expressions faisant allusions à son corps selon ses parents à Ramallah News

Son avocate Gaby Lasky a affirmé que ces expressions peuvent être considérées comme des manifestations de harcèlement sexuel de la part de l’enquêteur, qui ont “mis Ahed mal à l’aise”.

Elle a annoncé avoir déposé une requête auprès du ministère “de la Justice” de l’occupation, qui précise que l’enquêteur du renseignement militaire a “menacé la mineure en lui promettant d’arrêter ses proches, si elle continuait à garder le silence pendant les interrogatoires”.

Le “ministère de la Justice” de l’occupation a transmis le document au service de la “police des polices” qui a été rejeté la requête, sous prétexte que “ce service d’inspection interne n’était pas en mesure d’ouvrir une enquête sur des enquêteurs militaires”, fait savoir la même avocate.

Cette dernière a ainsi estimé que les actions de l’enquêteur témoignent du fait que le système de l’occupation d’application de la loi viole “grossièrement” les droits des mineurs Palestiniens.

Une vidéo comme preuve

Bassem Tamimi, parent de la militante palestinienne, a annoncé à Ramallah News sa décision de tenir une conférence de presse et de publier une vidéo prouvant la véracité des accusations de l’avocate Gaby Lasky. 

Il a confirmé les propos de cette dernière, expliquant que sa fille a subi un harcèlement sexuel verbal. L’enquêteur a dit des expressions faisant allusions à son corps, comme: “Tu es belle, tu as de beaux yeux, tu devrais être sur une plage et pas ici”. 

Un attaque verbale à caractère sexuel auquel l’enquêteur de l’occupation recourait pour obtenir des aveux de la part de la militante, explique son père, qui souligne les pratiques de l’occupant.

La mère de Ahed, Narimane Tamimi a également été condamnée à 8 mois de prison ferme et à 3 ans de prison avec sursis. 

La même source explique que l’adolescente, 17 ans, a déclaré après sa condamnation que “ce tribunal est illégal”, affirmant que “nulle justice ne peut exister sous la colonisation”.

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