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12/12/2018 14h:31 CET | Actualisé 12/12/2018 14h:31 CET

Afrique: La lutte contre la pauvreté passe par le développement de l'agriculture

Lutter contre la pauvreté en Afrique passe par le développement d’une agriculture productive. Plusieurs pays montrent l’exemple, à l’image du Maroc, de la Tunisie ou du Sénégal.

Radio Algérienne

Toutes les institutions et organisations internationales sont formelles: développer l’agriculture permet de lutter efficacement contre la pauvreté. Une réalité qui s’applique particulièrement à l’Afrique où, plus qu’ailleurs, l’agriculture revêt un enjeu majeur. “Dans la communauté du développement, il est aujourd’hui largement admis que la mise en place d’une agriculture productive est cruciale pour la création d’emplois et la réduction de la pauvreté ”, affirme ainsi la Banque mondiale.

 

L’agriculture, deux à trois fois plus efficace que les autres secteurs pour sortir de la pauvreté

″ La croissance dans l’agriculture a encore aujourd’hui, poursuit l’institution, des effets sur la réduction de la pauvreté deux à trois fois plus importants que ceux produits par la croissance d’autres secteurs d’activité ”, effets qui «“sont les plus importants pour les populations les plus pauvres ” : principalement en Afrique, donc, continent qui concentrera, en 2050, 90 % de la population mondiale en situation d’extrême pauvreté.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ne dit pas autre chose : selon elle, la croissance «“de l’agriculture et de l’économie rurale est une condition nécessaire pour une réduction durable de la pauvreté et de la faim ”. «“Le développement agricole et rural est donc essentiel pour la croissance économique globale et pour la réduction de la pauvreté dans la plupart des pays en développement ”, affirme la FAO, selon laquelle “les gouvernements des pays concernés sont les responsables au premier chef de la réalisation des objectifs de réduction de la faim et de la pauvreté ”.

 

Au Maroc, les autorités élaborent une ambitieuse stratégie agricole

Dont acte. Au Maroc, le roi Mohammed VI, un temps en retrait de l’arène politique de son pays, vient de faire du secteur agricole l’un des piliers du “nouveau modèle de développement ” qu’il entend impulser. Le «“Plan Maroc Vert ” touchant à sa fin, le monarque a chargé son fidèle ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, d’élaborer une nouvelle stratégie pour développer ce secteur vital pour l’économie marocaine — il compte pour 14 % de son PIB.

Appelant de ses vœux l’émergence d’une classe moyenne dans le monde rural, Mohammed IV a confié à son ministre le soin de développer de nouvelles activités génératrices de revenus et d’emplois, notamment au profit des jeunes. Ainsi, pour faciliter l’accès au foncier agricole, un million d’hectares de terrains communaux seront progressivement cadastrés, privatisés et distribués aux fellahs, ces petits paysans auxquels le roi accorde une attention particulière.

“C’est le début d’un nouveau chapitre dans le développement agricole du Maroc ”, s’est ainsi félicité Aziz Akhannouch, dont la mission consiste aussi à muscler le volet « social » de sa politique, tout en élargissant l’investissement agricole à l’ensemble des catégories. Pour mutualiser leurs forces, les agriculteurs marocains seront également encouragés à adhérer à des organisations professionnelles et à des coopératives productives. Si le ” Plan Maroc Vert ” a vécu, le vert Maroc a, quant à lui, de beaux jours devant lui.

 

Au Sénégal et en Tunisie, l’agriculture élevée au rang de priorité nationale

 

Voisine du Maroc, la Tunisie mise à son tour sur son secteur agricole. À tel point que la question a figuré au niveau des points prioritaires portés par le pays lors de la conférence des parties sur le climat (COP24), qui s’est tenue en Pologne. L’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques est, «“par ailleurs (au rang) des soucis partagés avec la plupart des pays africains ”, selon Mohamed Zmerli, négociateur national et chargé du plan climat de la Tunisie.

En témoignent les bons résultats enregistrés par le secteur en Tunisie: au cours des dix premiers mois de l’année 2018, les investissements agricoles ont financé plus de 4 000 projets (en hausse de 6,9 %), les investissements dédiés aux jeunes promoteurs s’établissant à 62,8 millions de dinars, contre 51,5 MD l’année dernière. Et l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a approuvé l’attribution de 64 crédits fonciers d’une valeur de 8,6 MD, contre 55 crédits d’une valeur de 5,8 MD en 2017.

Au Sénégal, où la population rurale représente 55 % des habitants et où le secteur agricole contribue à 14 % du PIB tout en occupant la moitié de la population active, les politiques de tous bords ont, eux aussi, bien conscience du poids stratégique de ce domaine. À l’image de Pierre Goudiaby Atepa, candidat à l’élection présidentielle de février prochain, selon qui « le véritable poumon économique du Sénégal » est le bassin arachidier de la région de Kaolack. Il faut “repenser notre politique arachidière à travers une restructuration, remettre l’agriculture au cœur du développement pour faire en sorte que les paysans ne dépendent plus de la pluie”, a déclaré encore le candidat. 

L’agriculture représente 25 % du PIB l’Afrique. Sur le continent, les petits agriculteurs remplissent six emplois sur dix, et contribuent à nourrir sept Africains sur dix. Pour ne plus qu’ils “dépendent de la pluie”, pour les préparer au changement climatique, pour réduire enfin la pauvreté en Afrique, les paysans du continent méritent mieux que notre considération : ils méritent des actes forts.

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