ALGÉRIE
30/05/2018 11h:04 CET | Actualisé 30/05/2018 11h:04 CET

Affaire Maurice Audin: Macron appelé à reconnaître le crime d'Etat

50 personnalités lance un appel au chef de l'Etat français “pour que justice soit enfin rendue à Maurice Audin et les milliers d’Algériens ″disparus″ après avoir été torturés par l’armée française”

Archives
Affaire Audin: Macron appelé à reconnaître le crime d'Etat

Maurice Audin, mathématicien et militant communiste et de l’indépendance de l’Algérie, arrêté le 11 juin 1957, durant la bataille d’Alger, ne s’est pas évadé est mort durant sa détention, avait déclaré le 18 juin 2014, l’ancien président français François Hollande, dans un message adressé à l’occasion de la remise du prix Maurice AUDIN pour les mathématiques.

En janvier dernier, au cours de la même cérémonie, un conseiller de l’actuel président a déclaré la prédisposition du chef de l’Etat français à reconnaître le crime commis par l’armée française.  

Moins de deux semaines avant le triste anniversaire de la “disparition” du jeune mathématicien, le quotidien français l’Humanité prend l’initiative de publier une lettre ouverte signée par 50 personnalités “pour que justice soit enfin rendue à Maurice Audin et les milliers d’Algériens ″disparus″ après avoir été torturés par l’armée française”. Pour les signataires de l’appel, “le 11 juin, Emmanuel Macron doit reconnaître ce crime d’État.” 

Dans leur lettre publiée par le journal l’Humanité dans sa livraison du 29 mai, des personnalités rappellent que Maurice Audin a été arrété par les parachutistes du général Massu le 11 juin 1957 devant sa famille, avant d’être torturé. “Le jeune assistant à la faculté d’Alger n’en est jamais revenu, et l’armée française a fait disparaître son corps”, précise-t-on.

“Plus de soixante ans ont passé et Josette Audin, sa femme, attend « toujours que la France, pays des droits de l’homme, condamne la torture, ceux qui l’ont utilisée et ceux qui l’ont autorisée ». Car Maurice Audin ne s’est pas évaporé dans la nature après une évasion, comme l’a trop longtemps soutenu la « version officielle ». À la suite de Pierre Vidal-Naquet, tous ceux qui ont travaillé sur cette « affaire » ont établi que Maurice Audin avait été torturé et assassiné par l’armée française, agissant dans le cadre des pouvoirs spéciaux votés par le pouvoir politique. Mais, de loi d’amnistie en non-lieu, tout a été fait au plus haut sommet de l’État pour camoufler la vérité sur les crimes perpétrés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Et toute une génération d’appelés a été marquée à vie, murée dans le silence et la honte.”

Des deux côtés de la Méditerranée, rappelle-t-on, “les mémoires algérienne et française resteront hantées par les horreurs qui ont marqué cette guerre, tant que la vérité n’aura pas été dite et reconnue, comme le relevait déjà l’Appel des douze grands témoins contre la torture, publié en octobre 2000 dans l’Humanité. Il est aujourd’hui grand temps d’apaiser cette mémoire pour aller de l’avant.”

Les signataires de l’appel rappelle à Emmanuel Macron qu’il avait “promis “des actes forts sur cette période de l’histoire”. La reconnaissance des sévices subis par Maurice Audin, puis de son assassinat par l’armée française serait cet acte fort. Le moment est venu. Pour sa famille d’abord, qui l’attend depuis plus de soixante ans, mais aussi pour les milliers d’Algériens “disparus” comme Maurice Audin de l’autre côté de la Méditerranée.

Justice doit être rendue à Audin et à tous ceux les Algériens morts dans des conditions similaires.

LIRE AUSSI:

 

Loading...