MAROC
19/06/2019 17h:34 CET

Affaire Khashoggi: Le prince MBS mis en cause dans une enquête de l'ONU

Selon l'enquête, plusieurs preuves crédibles incriminent des officiels saoudiens et le prince héritier d'Arabie saoudite.

Australian Associated Press

ARABIE SAOUDITE - L’affaire du journaliste disparu Jamal Khashoggi n’a pas fini de secouer la communauté internationale. Dans son rapport au conseil des droits de l’homme des Nations unies, la rapporteure spéciale, Agnès Callamard, appelle le secrétaire général de l’ONU à “ouvrir une enquête pénale” sur Mohammed Bin Salman. 

Après six mois d’enquête, Agnès Callamard, spécialiste de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires est formelle: “M. Khashoggi a été la victime d’une exécution délibérée, préméditée, d’une exécution extrajudiciaire dont l’Etat d’Arabie saoudite est responsable en regard du droit international lié aux droits de l’homme”, écrit-t-elle dans son rapport publié ce mercredi par l’ONU, indique l’AFP. 

Dans son document, elle ajoute qu’il “existe des preuves crédibles justifiant des investigations supplémentaires, de la responsabilité individuelle d’officiels saoudiens de haut niveau, y compris le prince héritier” Mohammed Ben Salman, plus connu sous les initiales de MBS. Fils du roi Salman et homme fort du royaume wahhabite, il est aux yeux de la communauté internationale, impliqué de près ou de loin dans l’assasinat du journaliste opposant au régime saoudien, Jamal Khashoggi. 

Exilé aux États-Unis où il écrivait régulièrement des articles pour le Washington Post, il a été vu pour la dernière fois le 2 octobre dernier alors qu’il entrait au consulat général d’Arabie à Istanbul. Son corps n’a jamais été retrouvé. 

L’experte de l’ONU appelle ainsi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à “ouvrir une enquête pénale de suivi sur l’assassinat de M. Khashoggi afin de constituer des dossiers solides sur chacun des auteurs présumés”. Pour Agnès Callamard, le chef de l’ONU “devrait lui-même être en mesure d’ouvrir une enquête pénale internationale de suivi sans qu’un État n’ait à intervenir”.