MAROC
22/01/2019 13h:19 CET

Affaire Khashoggi: La Turquie annonce vouloir lancer "une enquête internationale"

"Il y a des pays occidentaux qui cherchent à couvrir cette affaire".

Associated Press
Un homme pénètre au Consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, où le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué.

TURQUIE - L’affaire Khashoggi est loin d’être finie. Selon l’agence de presse turque Anatolie, citée par Reuters, la Turquie annonce l’ouverture dans les prochains jours “d’une enquête internationale” sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué en octobre dernier à Istanbul.

Dans une déclaration à Anatolie, le ministre des Affaires étrangères turques, Mevlut Cavusoglu, accuse des “pays occidentaux” de couvrir l’affaire: “J’en connais les raisons”, affirme de dernier, cité par Reuters. “Nous savons et voyons quel genre d’accords sont conclus. Nous voyons comment ceux qui parlent de liberté de la presse étouffent désormais cette affaire après avoir vu l’argent”.

“Nous irons cependant jusqu’au bout”, promet-il “Nous avons fait des préparatifs en vue de l’ouverture d’une enquête internationale dans les prochains jours et nous allons prendre les mesures nécessaires.”

Une annonce faite alors que les tensions entre les Etats-Unis et la Turquie ont repris sur fond du dossier kurde. Le 13 janvier dernier, Donald Trump menaçait en effet de “dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes” après le possible retrait des Etats-Unis de Syrie.

Volet judiciaire en cours

Ces déclarations interviennent alors que le volet judiciaire de l’affaire se joue actuellement en Arabie saoudite. Le 3 janvier dernier, le procès des onze personnes poursuivies dans l’affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi s’est ouvert devant la Cour pénale de Riyad. La peine de mort a été requise contre cinq accusés.

En octobre, ils étaient 18 à avoir été interpellés pour leur implication présumée dans le meurtre du journaliste saoudien. Ce dernier avait disparu le 2 octobre 2018, après s’être rendu au consulat du royaume d’Arabie Saoudite à Istanbul pour effectuer des démarches administratives. L’Arabie Saoudite, qui niait cette disparition, avait finalement confirmé la mort de Jamal Khashoggi sous pression internationale. 

Aux Etats-Unis, si le Sénat américain a formellement accusé Mohammed ben Salmane d’être responsable du meurtre du journaliste, Donald Trump n’a de son côté jamais directement évoqué la responsabilité du jeune prince héritier.