MAROC
15/11/2018 13h:15 CET | Actualisé 15/11/2018 13h:24 CET

Affaire Khashoggi: Des images au rayon X révèlent les instruments utilisés pour tuer le journaliste

Immunité diplomatique aidant, scalpel, ciseaux, seringues, agrafeuses ont échappé aux contrôles de police.

Evening Standard

AFFAIRE KHASHOGGI - Un journal turc a publié, ce 13 novembre, les images du matériel utilisé par les membres de la délégation saoudienne dirigée par le général du renseignement Maher Abdülaziz Mutreb, l’un des hommes les plus proches du prince héritier Mohamed Ben Salman. Ce dernier était chargé de tuer le journaliste Jamal Khashoggi, dont le meurtre a été reconnu par l’Arabie saoudite après une pression de la communauté internationale.

Le royaume saoudien a toutefois nié les accusations de torture et d’assassinat prémédité dont les services de renseignements turcs affirment posséder des preuves. Le journal Daily Sabah a ainsi publié des photos tirées du passage des valises au rayon X des membres de la délégation saoudienne arrivée à Istanbul quelque temps avant la disparition de Khashoggi le 2 octobre dernier. Scalpel, ciseaux, défibrillateurs, agrafeuse mais aussi seringues... Les instruments présents dans les bagages prouvent, selon le média turc, que l’assasinat était prémédité et qu’il y aurait bien eu des actes de tortures sur le journaliste. 

De plus, plusieurs radios et interphones sans fils, téléphones, talkies-walkies et un brouilleur d’ondes étaient également dans les valises, d’après la même source, qui indique qu’ils ont servi à faciliter l’intraçabilité des communications. 

Selon un rapport des autorités turques, les seringues et scalpels ont été utilisées pour tuer le journaliste, tandis que les agrafeuses auraient été utilisées pour prévenir les fuites des sacs où les parties découpées du corps de Jamal Khashoggi ont été cachées. 

Toujours selon la même source, ces instruments correspondraient aux valises des personnes à bord d’avions privés qui ont pu entrer sur le territoire turc sous le couvert de l’immunité diplomatique.

Ces révélations des médias turcs, très actifs sur cette affaire d’assasinat, s’ajoutent à celles du New York Times qui révèle une conversation téléphonique au cours de laquelle un des assassins de la délégation demande à son interlocuteur de “dire à son patron” que l’opération est terminée. Pour le quotidien américain, le “patron” en question serait Mohamed Ben Salmane, dont les preuves de l’implication dans l’assasinat de Jamal Khashoggi se font de plus en plus nombreuses. Ce 15 novembre pourtant, si l’Arabie saoudite reconnait que Jamal Khashoggi a été drogué et démembré au consulat saoudien, MBS est pour sa part totalement innocenté, selon des déclaration du procureur général d’Arabie saoudite.