MAROC
09/05/2019 13h:14 CET | Actualisé 09/05/2019 17h:17 CET

Affaire du "Pablo Escobar" du Maroc: La chaîne espagnole réagit aux accusations de la DGSN

"Nous savons que dans notre reportage, des vérités inconfortables sont dites".

Cuatro
Le journaliste espagnol durant l'interview avec le "Pablo Escobar" du Maroc.

TRAFIC - Après la diffusion d’un reportage pour la chaîne Cuatro présentant le “Pablo Escobar” du Maroc, la Direction Générale de la Sûreté Nationale a accusé la chaîne espagnole d’avoir monté de toutes pièces l’histoire du trafiquant de drogue. La DGSN a mené une enquête -qui a conduit à l’arrestation de deux personnes-, et affirme que le baron de la drogue ne serait en réalité qu’un gardien de voitures qui aurait accepté cette interview en échange de 2.000 dirhams. La société espagnole en charge de l’émission a réagit à ces accusations auprès du journal El País.

“Nous avons été très surpris par la déclaration de la police marocaine. Nous savons que dans notre reportage, des vérités inconfortables sont dites. Mais nous n’avons payé personne, ni fait de montage, ont déclaré des sources au sein de Unicorn, chargée de la production de “En el punto de mira”.

Le “Pablo Escobar” du Maroc est-il vraiment un gardien de voitures? La boîte de production affirme qu’on peut être à la fois “vendeur de drogue et gardien de voitures”. “Ce monsieur que nous avons enregistré nous a montré des pilules pendant que nous l’interviewions. Et il nous a dit qu’il gagnait 180.000 euros par mois”, ajoutent les sources. 

Le journaliste qui a réalisé l’interview, Boro Barber, a également réagi sur Twitter. “Nous enregistrons des vérités incommodantes et cela génère des réactions. Il est faux d’avancer que nous avons monté de touts pièces un témoignage dans le cadre du reportage sur le trafic des médicaments au Maroc. Nous avons présenté tout ce que nous avons vu et vécu, avec la rigueur que nous apportons toujours à “En el punto de mira””, écrit-il.

Dans le reportage diffusé sur Cuatro, on retrouvait le trafiquant près d’un cimetière de Tanger. Face cachée, il racontait ses trafics au journaliste espagnol. Sa spécialité, le karkoubi, qu’il vend à la sortie des collèges dans tout le Maroc, les effets néfastes de cette drogue qui annihile toute réalité, son salaire de 180.000 euros par mois, mais aussi le fait de monnayer sa liberté et sa tranquillité à travers des enveloppes adressées à des membres de la police marocaine.