ALGÉRIE
09/07/2018 14h:50 CET | Actualisé 09/07/2018 14h:58 CET

Affaire de la nouvelle aérogare d'Alger: Ultra Electronics saisit la Présidence algérienne

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Ultra Electronics, qui a saisi l’agence gouvernementale britannique, le Serious Fraud Office, pour enquêter sur un scandale de corruption visant un marché impliquant l’aéroport d’Alger, sollicite cette fois-ci l’intervention de ... la Présidence algérienne.

Le groupe britannique, qui accuse le P-DG de la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA), Tahar Allache, de corruption, a adressé, via son représentant légal en Algérie, une lettre au président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Ultra Electronics,“lésé par des pertes financières et morales colossales”, a expliqué qu’il s’adressait au “garant de l’Etat de droit à la tête de la plus haute magistrature” pour que le P-DG de la SGSIA “réponde aux accusations”, apprend le HuffPost Algérie auprès d’une source anonyme.

Après avoir rappelé les faits, le même groupe et sa filiale, Gate Technologies, via son représentant légal en Algérie, a regretté, selon la même source, que “personne ne réagit pour interpeller un criminel économique”, qui a “causé un énorme préjudice aux intérêts économiques britanniques et algériens”. 

Le Serious Fraud Office (SFO) ouvrait une enquête criminelle en avril 2018 contre “Ultra Electronics sur une affaire de corruption présumée en Algérie.

La société britannique révélait plus tard au HuffPost Algérie que cette enquête visait en réalité un appel d’offres émis par la SGSIA. Ultra Electronics rajoutait que Tahar Allache, son P-DG,  était “au coeur de cette enquête pour corruption”.

Les faits remontent à mi-2016, lorsque la SGSIA a lancé un appel d’offres pour une solution informatique de gestion aéroportuaire. La société britannique Ultra Electronics, après soumission, a obtenu le marché mais a été “illégalement éliminée” après avoir refusé “un paiement en avance immédiat d’un montant important en devises européennes”, soit 500.000 euros, à Tahar Allache, l’accusant ainsi de corruption.

Ultra Electronics, après avoir sollicité les ministres de la Justice et des Transports, “preuves à l’appui”, a fini par saisir le Serious Fraud Office (SFO), pour ”être rétabli dans ses droits”. 

Sa filiale, Gate Technologies “avait déjà entamé la livraison des équipements après avoir obtenu le marché”. La même source a rajouté au HuffPost Algérie que “ces équipements ont été interdits d’accès lorsque Ultra a été  “illégalement éliminé, ce qui a causé, en grande partie, les pertes financières”.

Pour rappel, le SFO enquête actuellement avec les autorités algériennes à propos de cette enquête. 

Le Président, ”à défaut du gouvernement”

Les deux sociétés britanniques “n’ont toutefois pas avalé la pilule” face au mutisme des ministères de la Justice et des Transports. Ultra Electronics et sa filiale Gate Technologies sollicitent ainsi la Présidence de la République.

Les deux sociétés, qui sont “déçues” du silence des deux institutions malgré “toutes les preuves accablants M. Allache”, expliquent se référer, comme “ultime recours”, au président Abdelaziz Bouteflika, “garant de l’Etat de droit à la tête de la plus haute magistrature”, qui “appelait la presse à lutter contre la corruption”, explique la même source au HuffPost Algérie. 

Le groupe Ultra Electronics a surtout exprimé le souhait que le P-DG de la SGSIA, Tahar Allache, “réponde de ses actes devant” ces accusations de corruption.