MAROC
28/04/2019 11h:18 CET | Actualisé 28/04/2019 11h:20 CET

Affaire Clémence Calvin: France 2 diffuse deux témoignages troublants sur son interpellation à Marrakech

Du nouveau dans l'affaire de l'athlète française soupçonnée de dopage.

Anadolu Agency via Getty Images

ATHLÉTISME - L’affaire Clémence Calvin n’est pas près d’être terminée. Dans un reportage diffusé ce soir sur “Stade 2”, l’émission consacrée à l’actualité sportive sur France 2, deux témoignages jettent une ombre sur les déclarations faites par l’athlète française soupçonnée de dopage.

Comme le révèle Le Parisien ce dimanche, la jeune femme, interpellée le 27 mars à Marrakech par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), aurait fourni une mauvaise adresse au logiciel Adams, qui permet de localiser les athlètes lorsqu’ils s’entraînent.

Interrogé par la chaîne de télévision française, l’homme habitant à l’adresse donnée par Clémence Calvin à Marrakech ne l’aurait “jamais vue”. “Il n’y a que moi et mes enfants à la maison. Si une seule personne étrangère habitait chez moi, tous les voisins le sauraient”, a-t-il déclaré. Dans un entretien accordé vendredi à L’Equipe, l’athlète s’est justifiée en déclarant: “Je n’avais pas eu la réponse pour le numéro, donc on a mis 698 plutôt que 700”.

Un autre témoignage troublant recueilli par les journalistes de Stade 2 concerne cette fois-ci le gérant d’une salle de sport de la ville ocre où l’interpellation aurait eu lieu selon l’AFLD. “Les étrangers (NDLR : les personnes chargées du contrôle antidopage) voulaient voir la salle, ils étaient accompagnés de la femme, l’athlète”, raconte l’homme dont les propos ont été rapportés par Le Parisien. “Elle est entrée, ils sont descendus. J’ai baissé la tête. En la relevant, je les ai vus courir.” Son enfant, “elle l’a confié à une autre personne qui s’est éclipsée dans la rue”.

Le même gérant de la salle de sport marrakchie précise par ailleurs que dans les jours qui ont suivi l’interpellation, “un Marocain et un Français parlant darija et portant des lunettes” seraient venus le voir pour lui demander “de ne rien dire, de dire que je n’avais rien vu”.

Or, selon la version de Clémence Calvin, l’interpellation par les contrôleurs antidopage, qu’elle qualifie “d’agression”, n’aurait pas eu lieu dans la salle de sport mais dans la rue où elle se trouvait avec son mari et entraîneur, Samir Dahmani, et son fils de deux ans qui serait “tombé sur le sol” lors de l’altercation.

Lors d’une conférence de presse donnée le 10 avril, la marathonienne avait ainsi estimé que ce qu’elle a vécu le 27 mars était “tout sauf un contrôle”. “C’était d’une grande violence, ça m’est tombé dessus, c’est une incompréhension totale. À 17h30 on est allés récupérer mon fils à la garderie. Ça faisait deux jours qu’on s’entraînait à Marrakech. C’était l’après-midi de repos, pour fêter les 2 ans de mon fils. Samir m’a laissée pour aller acheter un gâteau. Des gens sont arrivés en courant vers moi, par derrière. Ils m’ont saisie par le bras et ils m’ont dit ’police française, il est où Dahmani?’ Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait”, a-t-elle raconté.

L’athlète de 28 ans, suspendue provisoirement par l’AFLD, a finalement pu courir le marathon de Paris le 14 avril lors duquel elle a battu le record de France. Elle fait néanmoins l’objet d’une enquête sur de possibles infractions à la législation sur les produits dopants.