MAROC
15/03/2018 18h:48 CET

Affaire Bouachrine: Le procès reporté pour "mieux préparer les plaidoiries"

Une semaine après son ouverture, le procès de Taoufik Bouachrine n’a toujours pas pu démarrer.

Ghita Ismaili
JUSTICE - Une semaine après son ouverture, le procès de Taoufik Bouachrine n’a toujours pas pu démarrer. “Nous n’avons pas pu encore instruire le dossier. Plusieurs contraintes nous ont empêchés de le faire jusqu’à présent”, a regretté le juge chargé de l’affaire, peu après le début de la seconde audience ce jeudi matin, à la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca.
 
Sur demande de la défense, “la cour a décidé de reporter le procès au 29 mars prochain afin de permettre à toutes les parties de mieux préparer leurs plaidoiries”, a-t-il tranché. Dorénavant, “aucune requête de report ne sera acceptée”.
 
Le journaliste et directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum et du journal en ligne Alyaoum24 est poursuivi notamment pour “traite d’êtres humains”, “abus de pouvoir à des fins sexuelles” et “viol”. Pour Me Mohamed Ziane, ce report va permettre à sa défense, qui compte désormais “plus de 150 avocats venus de différents barreaux du royaume, de mieux s’organiser”.
 
Absence d’une partie des plaignantes 
 
“La période de 15 jours est suffisante pour nous. Elle va nous permettre de passer la prochaine audience dans de meilleures conditions et de mieux apprécier les dires de présumées victimes”, explique le bâtonnier au HuffPost Maroc.
 
Si le report du procès a été en premier lieu sollicité par la défense du journaliste, la décision a été également motivée par l’absence d’une partie des plaignantes. L’une d’elles se trouvant notamment en France où elle poursuit ses études.
 
L’audience d’aujourd’hui a également été marquée par l’arrivée de plusieurs nouveaux avocats, dans chacune des deux parties. Ces derniers n’ont pas encore eu le temps de “consulter tous les éléments du dossier. Personnellement, j’estimais qu’il était prêt, sauf que certaines parties n’étaient pas du même avis”, souligne pour sa part Me Mustapha Sghiri, qui représente N.L, l’une des plaignantes. 
 
Deux des avocats de Taoufik Bouachrine se sont par ailleurs retirés de sa défense. Il s’agit de Me Tayb Lazrak, qui était le coordinateur de la défense et de Me Abderrahim Jamaï, a précisé le juge chargé de l’affaire.
 
L’arrangement “pas envisageable”
 
“Nous espérons qu’avec ce report, toutes les parties concernées seront prêtes dans deux semaines”, a ajouté Me Sghiri, affirmant qu’“aucun arrangement en vue d’une réconciliation avec l’accusé n’est envisageable car il s’agit d’une affaire d’honneur”.
 
Taoufik Bouachrine, détenu actuellement à la prison locale Ain Borja à Casablanca, avait été arrêté le 23 février lors d’une descente policière spectaculaire dans le local du journal à Casablanca. Il est accusé de “traite d’êtres humains”, “exploitation et abus de pouvoir à des fins sexuelles”, “chantage, menace, viol et tentative de viol, de harcèlement sexuel, de débauche” et soupçonné “d’avoir utilisé des moyens pour filmer et enregistrer”.