MAROC
03/09/2018 18h:40 CET | Actualisé 03/09/2018 18h:41 CET

Affaire Mustapha Adib: 4 journalistes marocains convoqués par la justice française

Ils dénoncent le fait d'être jugés en France.

ABDELHAK SENNA via Getty Images
L'ex-capitaine Mustapha Adib quitte la prison de Salé le 18 mai 2002, deux ans après avoir été emprisonné pour "insulte envers l'armée" suite à une interview dans laquelle il dénonçait la corruption dans l'armée marocaine.

JUSTICE - Le directeur de publication du portail d’information Quid.ma, Naïm Kamal, la journaliste freelance Narjis Rerhaye, le directeur de publication de Challenge.ma, Adil Lahlou Kamal, et le chroniqueur Jamal Berraoui ont été convoqués le 8 octobre prochain par la justice française suite à une plainte déposée contre eux pour “injure”.

Les quatre journalistes sont convoqués dans le cadre de l’affaire concernant l’ancien capitaine de l’armée de l’air marocaine Mustapha Adib. Les deux premiers avaient en effet publié, en 2014, un article à charge contre ce militant ayant dénoncé la corruption au sein de l’armée marocaine à la fin des années 90, et qui avait tenté, en juin 2014, de s’introduire dans la chambre d’hôpital du général Abdelaziz Bennani à Paris, à qui il avait déposé une lettre l’accusant de corruption et d’être responsable de la mort de soldats.

L’article paru dans Quid.ma, intitulé “L’honneur perdu d’un ex-capitaine qui a confondu justice transitionnelle et caniveau”, dénonçait la “lettre injurieuse, ignoble et indigne” dressée au général Bennani par l’ex-capitaine exilé en France, qualifié d’“amuseur de la galerie” qui a “violé l’intimité d’un patient et de sa famille” et “tenté d’humilier par l’insulte et l’injure un homme malade, peut-être condamné”.

Le directeur de publication du portail d’information Quid.ma et la journaliste qui avait signé cet article ont fait part, dans un communiqué, de leur “profond étonnement” quant à cette convocation par la justice française suite à une plainte pour “diffamation” qu’ils jugent “infondée”.

Ils ont également exprimé leur “profond” étonnement de voir la justice d’un pays tiers prétendre, au nom de l’accessibilité de leur site d’information en France, les juger pour “un fait fallacieux qui plus est ne la concerne aucunement”, et de procéder à leur convocation “sans aucune forme de considération pour les attributs de souveraineté du Maroc”.

De son côté, le directeur de publication de Challenge.ma, Adil Lahlou, est convoqué avec son confrère Jamel Berraoui dans la même affaire pour un article intitulé “Les crapules”, publié en juin 2014 et dans lequel Mustapha Adib est qualifié de “petite merde”. Interrogé par la MAP, Adil Lahlou a affirmé que cette affaire relève de la compétence de la justice marocaine car il s’agit d’un différend entre des ressortissants marocains, l’un résidant en France, l’ex-capitaine Mustapha Adib, et les autres au Maroc.

La vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, signataire de la convocation, “n’a pas tenu compte de la convention judiciaire qui existe entre le Maroc et la France”, a-t-il déclaré.

M. Lahlou souligne que cette affaire doit être jugée au Maroc car le procès est du ressort des tribunaux marocains, mettant l’accent sur la nécessité de l’application de la convention judiciaire signée entre le Maroc et la France.