TUNISIE
18/06/2019 20h:15 CET | Actualisé 18/06/2019 20h:15 CET

Adoption des amendements de la loi électorale: Les réactions fusent

Un nouveau tournant?

Rawf8 via Getty Images

Le verdict est tombé. Après des jours de débats et de polémiques, le parlement a finalement voté les modifications relatives à la loi électorale. Les amendements viennent d’être adoptés par une majorité parlementaire avec 128 voix pour, 30 contre et 14 abstentions.

Parmi les principaux points adoptés figurent la baisse du seuil électoral de 5 à 3%, la suppression de l’exclusion des ex-RCD de la direction des bureaux de vote, le refus des candidatures et annulation des résultats des candidats ou des listes ayant exercé une activité interdite aux partis politiques durant l’année précédant le scrutin ainsi que l’exclusion de tout candidat ayant un discours en contradiction avec les règles de la démocratie et les principes de la constitution.

À peine adoptée, la loi électorale amendée a fait l’objet d’âpres débats. Les réactions fusent de partout dénonçant pour la majorité une “atteinte à la démocratie”. 

Certains reprochent la non-constitutionnalité de ces amendements et estiment qu’il s’agit de modifications ”à la carte” ciblant des personnes en particulier dont notamment le patron de Nessma TV, Nabil Karoui, et Olfa Tarres de l’association “3ich tounsi” dans le but de libérer la voie à ceux d’Ennahdha ou de Tahya Tounes. 

Pour l’universitaire Olfa Youssef, ce qui s’est passé à l’Assemblée est une mascarade. “Je ne peux dire qu’une seule chose: Votre prétendue démocratie n’est autre qu’une dictature de l’exclusion. Et votre grand chef est un terroriste. (…) Vos députés sont des mercenaires et des traîtres” écrit-t-elle dans un post publié sur sa page Facebook.

“En vertu de votre loi, je pense qu’à présent je ne peux prendre part politiquement à un système corrompu, terroriste et destructeur. Vos élections resteront de gros mensonges. Et le peuple continuera à vous haïr” ajoute-t-elle.

Etant dans la ligne de mire, Nabil Karoui, s’est indigné contre le vote des amendements à la loi électorale. “L’institution s’est suicidée, nous continuerons et nous vaincrons!”, lance-t-il dans un post publié sur les réseaux sociaux. “Ce qui s’est produit aujourd’hui au Parlement n’est pas le vote d’un amendement. Ce qui s’est passé aujourd’hui est le suicide du pouvoir en place, sa faillite ainsi que celle de ses blocs parlementaires et de ses élus de la honte” réplique-t-il.   

Selon Salsabil Klibi, professeure du droit constitutionnel, la tâche de l’Isie et du tribunal administratif sera faramineuse notamment en ce qui concerne l’examen des candidatures et le suivi des recours. 

Intervenant sur les ondes de Mosaïque Fm, la députée de Nidaa Tounes, Ons Hattab, a annoncé que son bloc parlementaire envisage de procéder à un recours contre les amendements de la loi électorale approuvés “sous la pression”, selon ses dires.

Pour la députée, cette initiative n’émane pas du gouvernement mais de Tahya Tounes et du mouvement Ennahdha.

 

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