LES BLOGS
02/10/2018 16h:34 CET | Actualisé 02/10/2018 16h:34 CET

Adieu Charles, Adieu l’artiste

De là ou tu es, soit certain que sur tes refrains nous continuerons à danser joue contre joue comme si sur la Terre il n’y avait que nous.

Andy Sheppard via Getty Images

Parce qu’il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi. C’est ce que tu nous chantais dans l’une de tes plus belles chansons. Sauf que toi, cher Charles, bien avant que tu nous aies quittés, et quitter la table, tu n’as jamais été aussi bien servi. Tu n’as jamais été aussi bien comblé de tout notre amour, de toute notre gratitude et de toute notre reconnaissance. Tu ne nous as jamais fait autant rêver que quand tu nous as emmenés dans les airs, voir la mer, boire l’océan, et aussi voir les comédiens, les musiciens et les magiciens. Tu ne nous as jamais autant enchanté que quand tu nous as parlé d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, de Montmartre qui en ce temps-là accrochés ses lilas, de la bohème où on mangeait qu’un jour sur deux.

Tu ne nous as jamais autant émerveillé que quand tu nous as raconté ta hargne à empoigner la vie et conquérir Paris et tes rêves les plus fous à te voir en haut de l’affiche, adulé et riche, signant tes photos aux admirateurs qui se bousculaient. Tu ne nous as jamais autant impressionné que quand tu nous as dévoilé un peu de ton passé, toi l’émigrant, parmi tant d’autres, venus les poches vides et les mains nues pour travailler à tours de bras
et défricher un sol ingrat.

Tu ne nous as jamais aussi bien parlé de tes amis, de tes emmerdes, mais aussi de tes amours.

L’amour, ta force, ta raison d’être, de vivre et de respirer. À la façon de le déclamer comme peu savent le faire tu nous as fait planer haut très haut. L’amour, cette folle passion qui nous prive de raison puisque qu’on peut aimer plus que soi-même sans réfléchir et sans qu’on nous aime pour mieux se plaindre et mieux souffrir.

Merci Charles de nous avoir fait voyager, sans bagage, par l’image, par le rêve et par la pensée, et parfois sur les vagues de notre passé, dans les limites de nos regrets et nos remords.

Non, nous n’avons rien oublié et nous n’oublierons jamais, ni ta frêle silhouette d’artiste d’exception, ni tes paroles, tes mélodies qui nous ont accompagnés notre jeunesse durant et qui continuerons à nous accompagner encore et encore.

De là ou tu es, soit certain que sur tes refrains nous continuerons à danser joue contre joue comme si sur la Terre il n’y avait que nous.

Adieu Charles tu n’es pas parti, tu t’en es seulement allé, sur la pointe des pieds sans faire de bruit.

De là où tu es tu n’as pas à t’inquiéter, nous nous reverrons un jour ou l’autre.

Entretemps, nous te disons, tout simplement, merci l’artiste.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.