TUNISIE
25/05/2018 12h:17 CET | Actualisé 25/05/2018 19h:05 CET

Adel Almi fait irruption dans les studios de Shems FM et menace les journalistes, le SNJT s'indigne, le ministère public ouvre une enquête

 

Sans crier gare, le prédicateur controversé et chef du parti “Zitouna”, Adel Almi s’est invité par la force jeudi au siège de la radio Shems FM, s’introduisant dans le studio du direct et refusant obstinément de quitter les lieux, obligeant la radio à suspendre son émission pendant plus de 15 minutes.

Fustigeant tous ceux qui travaillent à la radio, celui-ci n’a pas hésité à les insulter, les traitant de mécréants et aller même jusqu’à les menacer de mort.

En protestation contre l’intervention de Slim Chiboub sur les ondes de Shems FM, dont les propos n’ont visiblement pas plu à Almi, celui-ci a exigé d’avoir un droit de réponse immédiat, et de voir la direction de la radio.

“Je ne sortirai d’ici que par la police, ou mort” a-t-il crié au cœur du studio, traitant de “criminels”, tous ceux qui étaient présents, avant d’exiger de ne s’entretenir qu’avec une personne “qui porte une barbe”.

Il a également, selon un communiqué publié par la radio, menacé de se jeter du premier étage si jamais on ne lui donne pas la parole en direct à l’antenne.

Selon Shems FM, il aurait réussi à accéder à la radio après avoir agressé l’agent de sécurité.

La direction de la radio a ainsi annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre du prédicateur, ainsi que tous ceux qui ont pu être complices dans cette agression.

Toujours selon Shems FM, l’agresseur a été évacué par la police et conduit au poste pour être interrogé. Un procès-verbal d’audition a été alors établi et le ministère public a décidé de sa mise en liberté, avant de décider vendredi l’ouverture d’une enquête.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), a condamné l’agression, la qualifiant de “grave”. 

 

Il a également appelé à accélérer les poursuites contre le prédicateur, dénonçant la retenue dont la police a fait preuve à son égard, qui serait selon le syndicat due aux bonnes relations entre le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, et Adel Almi, ce qu’a nié le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khelifa Chibani.

Le syndicat a par ailleurs souligné que cette prévenance pourrait entrainer des agressions similaires contre les journalistes et les médias, et ouvre la voie à l’impunité.

Comme chaque Ramadan, Adel Almi ne manque pas de faire les gros titres, avec son agressivité envers les non-jeûneurs, ou encore lorsqu’il s’est attaqué à la chaîne de télévision privée “Al Hiwar Ettounsi”, qui selon lui, porte atteinte à la pudeur des familles tunisiennes à travers ses programmes provocateurs. 

Durant Ramadan dernier, Adel Elmi a décidé de parcourir la ville de l’Ariana accompagné d’un huissier notaire à la traque des cafés ouverts. Il menaçait de porter plainte contre les propriétaires pour infraction aux préceptes de la Chariaa et à la loi. Dans une interview accordée au journal Assafir, il a promis de le refaire cette année.

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