MAROC
02/12/2018 14h:00 CET

"Achoura-La nuit des enfants", le nouveau film d'horreur de Talal Selhami

Le réalisateur franco-marocain présente son film en première mondiale au Paris International Fantastic Film Festival.

D.R.

CINÉMA - Après son premier film “Mirages”, produit par Nabil Ayouch (2010) et plusieurs fois distingué, le franco-marocain Talal Selhami revient sur le grand écran avec une nouvelle production fantastique placée sous le signe de l’épouvante: “Achoura-La nuit des enfants”. 

L’affiche donne le ton. Il y aura du sang, des monstres et des enfants. “J’ai toujours voulu faire un film de créature (et j’espère en faire d’autres), car j’ai toujours était passionné de films de monstres, de créatures mythologiques et d’effets spéciaux de plateaux”, déclare au HuffPost Maroc Talal Selhami, qui a d’ailleurs participé à la production du documentaire “Creature Designer: The Frankenstein Complexe”.

Orange Studio

L’histoire débute avec quatre enfants qui s’amusent à se faire peur dans la campagne marocaine. Pour jouer, ils se rendent dans une maison habitée par des légendes urbaines. L’un d’eux disparaît alors mystérieusement. 25 ans plus tard, on retrouve les trois enfants devenus adultes.Tous ont refoulé le souvenir de ce jour où leur ami avait disparu, jusqu’à ce que ce dernier réapparaisse et que sa réapparition coïncide avec l’enlèvement de plusieurs enfants.

“Voulant faire un récit sur l’enfance, Achoura tombait comme une évidence. Quoi de mieux que la célébration de l’enfance, une fête où les enfants sont dans la rue, pour une créature mangeuse d’enfants? Un peu comme les films Halloween qui utilisent la fête de la Toussaint comme prétexte pour le contexte d’une histoire fantastique”, ajoute le producteur.

Dans la distribution, on retrouve les acteurs Sofia Manousha, Younes Bouab (frère d’Assaad Bouab), Omar Lotfi ou encore Ivan Gonzalez. “Nous avons tourné le film à Casablanca et dans sa région, jusqu’à Mohammedia. Notre choix s’est porté sur Casa parce qu’on y trouve encore des immeubles datant du protectorat. On recherchait un décor avec ce cachet, cette ambiance”, explique Talal Selhami, qui a cette fois assuré la production du film avec Lamia Chraïbi. “Le film été tourné entièrement de nuit”, ajoute-t-il.

Un film “ambitieux”

Pour ce nouveau long-métrage, Talal Selhami n’a pas changé de registre. On le retrouve avec un film d’horreur et fantastique, comme “Mirages”. Un genre encore peu exploité au Maroc. “Nous avons, au Maroc, une culture riche en contes et légendes fantastiques, un terrain encore vierge pour le cinéma et le potentiel pour de nombreuses histoires que l’on peut partager avec le monde entier. Le cinéma fantastique a le fabuleux avantage d’être intrinsèquement populaire et a la particularité de dépasser les frontières. La peur est un langage universel. Tout le monde ne parle pas l’arabe, l’anglais ou le français, mais tout le monde ressent la peur de la même façon”, souligne-t-il.

Le film, tourné en 2015, devait sortir un an plus tard. Deux ans après, il est en cours de finalisation. “La date de sortie a été décalée car on a misé sur un film de qualité, notamment au niveau des effets spéciaux. On en a 170 en tout, dont la créature animée. On ne voulait pas d’une post-production en dessous de la qualité des images tournées”, confie-t-il. 

Huffpost MG

Rien n’a été laissé au hasard pour répondre aux standards internationaux et aux exigences du public. “Par exemple, j’ai tenu à faire travailler ensemble tous les chefs de département (costumes, lumières, décors, images). J’ai également réalisé beaucoup de dessins en préparation”, précise Talal Selhami. 

Diffusé en première mondiale à Paris

Pour le moment, aucune date de sortie n’est prévue ni au Maroc, ni en France. En revanche, sa première diffusion mondiale se fera lors d’un festival parisien: le Paris International Fantastic Film Festival. Les 8 et 10 décembre, il sera projeté dans le cadre de la compétition officielle à laquelle le film participera aux côtés de 7 autres longs-métrages. 

“Je connais ce festival depuis longtemps. Cela allait de soi qu’il y soit présenté avant la sortie en salle”, souligne Talal Selhami. “S’il n’y a pas encore de dates prévues au Maroc, il serait quand même rigolo qu’il sorte le jour d’Achoura”, sourit le producteur. En attendant, il faudra patienter jusqu’au verdict du festival. Orange Studio en assurera, ensuite, la distribution.