MAROC
06/06/2018 13h:22 CET

Accusé de viol par une troisième femme, Tariq Ramadan échappe à une nouvelle mise en examen

L'islamologue plaide des relations sexuelles "consenties".

MEHDI FEDOUACH via Getty Images

JUSTICE - Actuellement incarcéré pour une affaire de viols sur deux femmes, Tariq Ramadan a reconnu, lors de sa première instruction devant les juges d’instruction mardi 5 juin, des relations sexuelles “consenties” avec la troisième plaignante. Les magistrats ont fait le choix de ne pas le mettre en examen dans ce volet, selon Me Emmanuel Marsigny, l’avocat de l’islamologue. L’homme de 55 ans a été mis en examen pour deux viols, dont l’un sur personne vulnérable, qu’il nie catégoriquement avoir commis.

Interrogé pour la première fois par les juges d’instruction parisiens chargés d’enquêter sur les accusations de viols dont il est présumé coupable, le témoignage de la troisième plaignante aurait pu lui valoir une nouvelle mise en examen. “Les magistrats ont considéré, à la suite des explications de M. Ramadan et des documents qui ont pu être fournis, qu’il n’y avait pas lieu de mettre en examen M. Ramadan concernant Mounia”, la troisième plaignante, a déclaré Me Marsigny, repris par l’AFP

Ancienne escort-girl impliquée dans le procès de l’affaire de proxénétisme du Carlton aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, Mounia R., connue sous le pseudonyme de Marie, avait déposé plainte en mars dernier contre le prédicateur et l’accusait des mêmes faits que les deux précédentes présumées victimes. Elle affirme avoir été violée à neuf reprises entre 2013 et 2014, en France, à Londres et à Bruxelles, le parquet de Paris avait alors requis une nouvelle mise en examen de Tariq Ramadan. 

Pour prouver sa relation sexuelle avec ce dernier, Mounia R. avait a remis aux enquêteurs une robe noire tachée, selon elle, du sperme de Tariq Ramadan. Une expertise avait été ordonnée par les juges, précisait le JDD en avril dernier, pour vérifier si la tache correspond à l’ADN du suisse. 

La défense riposte

Toujours selon l’AFP, la défense affirme avoir déposé, lundi, “plus de 300 vidéos et plus de 1.000 photos” témoignant d’une relation consentie entre l’intellectuel et cette femme, dans l’espoir de convaincre les juges de renoncer à cette mise en examen. L’avocat de l’accusé avait déclaré que son client connaissait Marie/Mounia, sans pour autant préciser la nature de leurs relations.

L’enquête a démarré en octobre suite aux accusations d’anciennes admiratrices du théologien, soit la militante laïque et ancienne salafiste Henda Ayari, qui a récemment fait évoluer sa version des faits et une femme connue sous le pseudonyme de “Christelle”. Toutes deux décrit des rapports sexuels forcés violents. 

La défense a ainsi appuyé, mardi soir, la “volte-face” de Henda Ayari, qui a modifié le lieu et la date des faits qu’elle dénonce, et qu’elle situe désormais au 26 mai 2012 dans un hôtel de la place de la République, à Paris, d’après l’AFP. Quant à Christelle, Tariq Ramadan a déclaré l’avoir vue vingt à trente minutes dans le hall de son hôtel, à Lyon, le 10 octobre 2009, alors qu’elle dénonce des faits commis la veille. L’islamologue a maintenu, devant les juges, qu’il n’avait jamais eu le moindre rapport sexuel avec ces deux femmes. 

Les plaintes ne s’arrêtent pas là puisqu’en Suisse, une quatrième femme a porté plainte et son témoignage doit encore être versé au dossier français. Une cinquième plaignante s’était ajoutée à la liste, en avril dernier, accusant Tariq Ramadan de “séquestration, contrainte sexuelle et viol avec la circonstance aggravante de la cruauté”.