MAROC
08/06/2018 18h:31 CET | Actualisé 11/06/2018 16h:30 CET

Accusations d'abus sexuels à Huelva: 131 Marocaines portent plainte... pour faux témoignages

Et accusent leurs compatriotes d'avoir ainsi voulu régulariser leur situation en Espagne.

JMN via Getty Images

PLAINTE - “Elles mentent car on leur a promis des papiers pour rester en Espagne”. Les accusations d’agression sexuelle portées par des ouvrières saisonnières à Huelva, dans le sud de l’Espagne, pourraient être mensongères, à en croire 131 travailleuses marocaines. Ces dernières ont porté à ce titre une plainte auprès de la Guardia civil, la police nationale espagnole, pour dénoncer de faux témoignages de leurs compatriotes en échange d’une régularisation sur le territoire espagnol, rapporte ce 8 juin le site d’information régional ABC Andalucia.

“Ici, nous n’avons pas de problèmes”

“Ici, nous n’avons pas de problèmes, nous avons du travail et nous retournons chez nous à la fin”, confient-elles au média qui a eu accès à la plainte, assurant que toutes les allégations proférées à l’encontre les propriétaires des fermes de fraises où elles travailles sont fausses. “Nous voulons dénoncer cela car toute cette histoire nous cause un problème avec nos familles, qui peuvent nous refuser de reprendre le travail dans cette entreprise ou une autre pour les prochaines années”, ajoutent les plaignantes. 

“Je n’ai jamais rien vu de tel”, confie ainsi Hafida à ABC, ajoutant “nous n’avons jamais eu de problèmes, nous venons travailler et gagner de l’argent.” Cette “vétérante”, mère de huit enfants, se rend depuis dix ans en Espagne pour participer à la cueillette de fraises.

Toujours selon la même source, des employeurs affirment que des ouvrières ont reçu des propositions de “certains hommes”, sans préciser qui ils sont ou leurs motifs, leur demandant de “dénoncer” leurs patrons contre des “documents” leur permettant de rester en Espagne.

11 000 ouvrières en 2018

Des déclarations qui interviennent à moins de dix jours d’une marche féministe et solidaire à Huelva, le 17 juin prochain, visant à dénoncer toute forme d’exploitation et d’esclavage sexuel.

11.000 ouvrières agricoles marocaines ont rejoint cette année l’Espagne pour 3 mois, dans le cadre de la récolte saisonnière des fraises dans la région de Huelva, comme l’annonçait en février dernier le ministère marocain de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle. 

Interrogé au sujet des agressions sexuelles rapportées, le ministère avait démenti ces accusations et soutenu, le 19 mai dernier, “qu’aucune violation à l’égard des ouvrières marocaines travaillant dans les exploitations agricoles de fruits rouges espagnoles n’a été enregistrée”.