MAROC
11/12/2018 18h:00 CET | Actualisé 11/12/2018 18h:02 CET

Accident ferroviaire de Bouknadel: La responsabilité de l'Etat soulevée par la partie civile

Le juge a accepté de convoquer le chef du gouvernement et le ministre de l'Equipement.

Anadolu Agency via Getty Images

PROCÈS - Le feuilleton judiciaire de l’accident ferroviaire de Bouknadel du 16 octobre dernier se poursuit. Une nouvelle audience s’est tenue ce mardi après-midi au tribunal de première instance de Salé et s’est achevée par un report pour le 25 décembre. “Cette fois-ci, la partie civile a engagé la responsabilité de l’Etat en l’intégrant dans son dossier. Et sur cette base, elle a présenté une requête au juge pour la convocation du chef du gouvernement et du ministre de l’Equipement”, explique au HuffPost Maroc l’avocat Hakim Tiouje. 

Une requête acceptée qui fera suite à une convocation des deux responsables représentant l’Etat dans ce dossier. Le juge a d’ailleurs ordonné que la procédure soit lancée. “Mais cela ne changera rien. Que l’Etat soit intégré au dossier reste avant tout une formalité dans ce dossier, c’est une application de la procédure sans plus”, prévient cet avocat convaincu que “ni le chef du gouvernement ni le ministre dont relève l’ONCF ne se présenteront à ce procès”. 

Pour Me Tiouje qui représente l’accusé, Laarbi Rich, conducteur du train, le plus important a été l’accord du tribunal, aujourd'hui, de procéder à la traduction de tous les rapports établis par la gendarmerie royale et à la convocation des témoins cités dans les PV. “Ils sont une quinzaine et tous travaillent avec Laarbi Rich. Ils ont été auditionnés par la gendarmerie royale durant l’enquête”, indique l’avocat, précisant que parmi eux figurent les conducteurs des deux trains ayant précédé celui qui a déraillé (TNR9). 

Tous les responsables liés de près à la bonne marche des trains sont également sur la liste. “Un technicien représentant la société espagnole chargée des signalisations au profit de l’ONCF également auditionné sera de nouveau convoqué par le tribunal pour témoigner”, annonce Me Tiouje. Et d’ajouter que la question de la signalisation a fait l’objet d’un long débat entre avocats et tribunal et que le technicien qui sera convoqué sera accompagné d’un traducteur (espagnol - arabe). 

Toutes les demandes de convocations validées par le juge devront faire suite à un envoi adressé à chacune des parties concernées par la voie du ministère public. Une fois ces parties entendues dans ce procès, la défense parviendrait éventuellement à mieux cerner les faits au moment de l’accident que les enregistrements vidéo n’ont pas restitués, d’après les avocats.

En attendant, la défense du conducteur a réitéré, comme à la fin de chaque audience, sa demande au juge de lui accorder la liberté provisoire. Une requête devenue mécanique pour les avocats même si sur cette demande, ils n’ont pas eu de réponse favorable. Entre temps, Laarbi Rich devra recevoir la visite d’un médecin pour qu’il puisse établir un rapport sur son état de santé et établir un deuxième certificat médical après la fin de son premier de 30 jours. “Nous avions convenu cela avec un médecin de l’hôpital Moulay Abdellah à Salé mais ce dernier s’est désisté. Nous venons d’en trouver un autre et nous espérons que cette fois-ci sera la bonne”, souhaite l’avocat. 

Ce dépôt du certificat médical à la direction de l’ONCF est nécessaire pour que Laarbi Rich puisse continuer de bénéficier de son statut de fonctionnaire au sein de l’office. Depuis le 23 octobre, il est en détention suite aux instructions du parquet qui l’a poursuivi pour homicide et blessures involontaires conformément aux articles 432 et 433 du code pénal, après cet accident ferroviaire ayant fait 7 morts et 125 blessés. Il risque jusqu’à 5 ans de prison.