ALGÉRIE
18/07/2019 16h:41 CET | Actualisé 18/07/2019 16h:48 CET

Abrous Outoudert démissionne de la tête du groupe "Temps Nouveaux"

Abrous Outoudert, DG du groupe média “Temps Nouveaux”, propriété de l’homme d’affaire Ali Haddad a déposé sa démission, a annoncé la chaîne Dzair News.

M. Outoudert avait pris les rênes du groupe médiatique (deux titres de presse Waqt El Djazair et Le Temps, ainsi que Dzair news et Dzair TV.) en décembre 2018, après la nomination de l’ancien DG du groupe Djamel Kaouane comme ministre de la communication dans le gouvernement Ouyahia. 

Mais les déboires judiciaires de Ali Haddad et son placement sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach en avril 2019, après sa tentative de fuite à travers la frontière tunisienne a eu comme conséquence le gel de ses comptes bancaires et le début de la chute de son empire médiatique.

Depuis plusieurs mois, le versement des salaires des 400 employés du groupe n’était plus assuré régulièrement. Les responsables du groupe avaient dénoncé la décision de l’ANEP de plus accorder de publicité au groupe, et la désaffection des annonceurs qui ont préféré ne pas associer leurs marques à une chaîne de télé appartenant à un patron incarcéré.

Conséquence, pour sauver ce qui peut l’être, la direction de “Temps Nouveaux” avait procédé à la réduction des charges en sacrifiant la chaîne Dzair News et en fusionnant les deux rédactions au profit de Dzair TV pour “sauver les emplois”, explique un cadre du groupe.

Mais avec une masse salariale qui dépasse les 170% du chiffre d’affaires, c’était mission impossible et la famille Haddad qui ne cachait pas sa volonté de vendre le groupe média n’a pas acheteur. Pour le directeur du groupe Media le seul repreneur possible est l’Etat. “C’est le seul capable de sauver les 400 postes de travail et les outils de production”, a-t-il déclaré.

Au sein du groupe, le départ de Abrous Outoudert est vécu comme un soulagement. Beaucoup lui reprochaient son “incompétence” dans la gestion de cette période de crise et certains ne cachaient pas leur “satisfaction” de le voir partir.

“Il était devenu un poids pour le groupe. Il ne nous a rien apporté, son départ était réclamé par la majorité des travailleurs”, nous a confié un journaliste sous couvert de l’anonymat. 

Les travailleurs espèrent maintenant la désignation d’un administrateur pour gérer le groupe média, seule solution pour éviter de mettre la clé sous la porte.