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01/04/2019 18h:28 CET | Actualisé 01/04/2019 18h:28 CET

Abir Moussi, un phénomène politique qui cultive la haine

Pourrions-nous faire confiance et donner le pouvoir à quelqu’un qui pourrait le subtiliser par la haine et l’hostilité?

Facebook/Abir Moussi

Le “phénomène” Abir Moussi, secrétaire générale du Parti Destourien Libre (PDL), semble répondre, 8 ans après la révolution, aux aspirations d’une certaine frange à la recherche d’un profil particulier qu’elle ne trouve pas dans les politiciens actuels, une personne providentielle capable de la sortir du marasme politique, économique, social, identitaire...et surtout capable de chasser, une fois au pouvoir et anéantir, quels qu’en soient les moyens, l’origine présumé du “mal”; le responsable de leur marasme. 

Ce responsable pointé du doigt et accusé avec hargne revêt des contours qui s’élargissent hélas au fur et à mesure de l’approche des élections pour couvrir non seulement les islamistes mais aussi leurs alliés dans les différents partis, au gouvernement et à la présidence de la République.

Ce responsable, à vouloir brutalement exclure, n’est-il pas une partie de notre société, de certains membres proches ou lointains de nos familles, de tunisiens comme vous et moi...Cette approche exclusive ne divisera-t-elle pas encore notre nation à la recherche d’une union perdue.

En politique, les ennemis doivent être dépassés, écartés voire abattus par des moyens...politiquement corrects...mais là toutes les lignes rouges, soit disant pacifiques, semblent avoir été dépassées...au grand bonheur de ses partisans.

Des engagements pris au nom du tout puissant pour décimer tel parti ou tel personnage politique, des adjectifs réducteurs et une terminologie basée sur l’hostilité, concoctée pour séduire cette fameuse frange.

Semer la vengeance et la vendetta ne nous fera cueillir que la haine et la rancune. Ne sommes-nous pas dans une perspective d’intolérance et d’exclusivisme, d’appel au retour du despotisme et de l’autoritarisme...très loin des aspirations annoncées d’assoir le pouvoir de l’Etat, d’imposer l’égalité devant la loi et de défendre la souveraineté du pays.

Pourrions-nous faire confiance et donner le pouvoir à quelqu’un qui pourrait le subtiliser par la haine et l’hostilité? Que pourrions nous léguer à nos enfants? Une pseudo société parfaite et utopique...mais à quel prix?

Ce ne sont pas là les éléments fondamentaux d’une société pérenne que nous rêvons de construire pour les générations futures qui aspirent certainement à une architecture durable bâtie sur la prospérité dans l’acceptation de l’autre.

Abir Moussi personnifiant le politicien fidèle jusqu’au bout des ongles à l’ancien régime, qui n’a jamais, à tort ou à raison, changer de camp malgré vents et marées, lorsque les autres étaient dans l’expectative, n’incarne-t-elle pas un sentiment caché qui sommeille chez certaines personnes pressées de retrouver leur zone de confort, qui croient en la hâte, en le ”ôte toi de mon chemin que je passe”, en le “après moi, le déluge”...

Hélas, je suis convaincu que ce que j’avance sera ironiquement voire haineusement réfuté pour une question de timing...comme c’était justement le cas pour Abir Moussi le lendemain de la révolution au moment d’une hostilité à son égard liée à l’effervescence révolutionnaire.

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