TUNISIE
16/10/2019 17h:07 CET

Abir Moussi: "Nous sommes fiers d’avoir pu obtenir la confiance des électeurs sans avoir à nous travestir"

La présidente du PDL assure une nouvelle fois que son parti sera dans l'opposition...

La candidate malheureuse à l’élection présidentielle et présidente du Parti Destourien Libre Abir Moussi a affirmé, mercredi, sur Radio Med que les destouriens sont aujourd’hui de retour sur la scène politique grâce aux urnes.

“Nous sommes revenus par la grande porte, par les urnes (...) Nous n’avons jamais changé de position, de ligne politique. Nous sommes extrêmement fiers d’avoir pu obtenir la confiance des électeurs sans avoir à nous travestir ou nous cacher derrière d’autres partis” a-t-elle assuré. 

“Nous avons fait face à notre passé, notre présent et avons proposé une vision d’avenir. Nous avons eu le courage et l’honnêteté intellectuelle demandée par les Tunisiens” a-t-elle indiqué affirmant que son parti a une histoire centenaire et que celui-ci l’assume entièrement y compris le passage de Ben Ali au pouvoir.

Jamais d’alliance avec “les frères musulmans”

Interrogée sur les propos de Rached Ghannouchi qui a affirmé à ses partisans qu’il ne s’allierait pas aux “fascistes” du Parti Destourien Libre, Abir Moussi fustige: “Ils n’oseraient même pas prendre le téléphone pour nous appeler. Ils veulent faire croire qu’ils ont le choix de nous faire participer ou non, alors qu’ils savent clairement que nous les refusons et refusons leur présence au gouvernement. Nous avons même fait un recours quant à leur présence en tant que parti politique au sein de ce pays. Nous les considérons comme une branche des frères musulmans” dit-elle avant de marteler: “Nous l’avons dit à plusieurs reprise: Quelques soient les circonstances, nous n’auront jamais rien à faire avec eux”.

Abir Moussi déplore des fraudes lors des élections

“Il y a eu des fraudes claires lors des élections. On a vu de l’argent sale, on a vu l’achat de voix, on a vu à l’étranger comment électeurs ont été éloignés de leurs bureaux de vote, mais aussi un taux de participation très faible avec des députés élus avec 200-300 voix à cause du mode de scrutin au plus fort reste, dont on voit à qui il profite” a regretté la présidente du PDL.

“Quand est-ce que l’ISIE a eu un président et que la composition de son bureau a été achevée? Quand Ennahdha l’a décidé. C’est eux qui détiennent les règles du jeu” a-t-elle fustigé avant d’affirmer que les élections, dans leur ensemble, n’étaient pas transparentes: “Avant le scrutin, il y a eu de la manipulation et même pendant le scrutin, il y a eu des dépassements. L’ISIE a elle même dit avoir observé des dépassements du seuil de financement des campagnes électorales et n’a pris aucune sanction. Elle vient par la suite punir un petit parti pour soit disant calmer les ardeurs. Il n’y a pas de volonté politique d’appliquer la loi”.

Dans l’opposition...

“Le fait de dire que la Tunisie a besoin de tout le monde, c’est des banalités. Les personnes qui ont détruit l’économie (...) durant ces 9 dernières années que ce soit à travers la Troika ou à travers la coalition au pouvoir, ne peuvent être la solution” a déclaré Abir Moussi.

Le problème selon elle, “c’est que les élections ne se sont pas jouées sur les programmes. Il n’y a aucun parti -et encore moins le président de la République élu- qui a apporté des solutions aux problèmes économiques dans son programme à part le PDL” explique-t-elle assurant que son parti sera “dans l’opposition constructive avec le peuple tunisien et les organisations nationales”.

“Nos initiatives législatives sont prêtes. Juste après la prestation du serment l, nous les présenterons” assure-t-elle affirmant que son parti est prêt à s’allier dans l’opposition avec tous ceux qui refusent “les frères musulmans et leurs avatars au parlement”.

“Nous demanderons dès le premier jour un audit général des entreprises publiques et tous les prêts et dons qui ont été dépensés, ainsi que qu’un audit complet de la commission de l’énergie pour savoir comment on est arrivé à être déficitaire” a-t-elle indiqué.

La porte ouverte à tous les destouriens

“Les résultats des législatives font aujourd’hui que le Parti Destourien Libre a obtenu sa légitimité historique et sa légitimité dans la représentation des destouriens” affirme Abir Moussi indiquant que “la porte est ouverte à tous ceux qui sont issus de la famille destourienne, à tous ceux qui partagent la vision bourguibienne et notre ligne politique qui est aujourd’hui connue. Il y a de la place pour tout le monde”.

“Nous allons construire sur ce succès (...) et ceux qui choisiront d’être en dehors du parti ou de rejoindre d’autres partis qui n’ont aucun lien avec la philosophie destourienne, ils auront perdu la légitimité de dire qu’ils sont destouriens” dit-elle.

Un tacle au Courant démocrate

Interrogée sur le Courant démocrate et la possibilité de s’allier à lui, Abir Moussi fustige: “Le Courant démocrate est construit sur une seule idée: insulter les autres et essentiellement les destouriens. Je n’ai vu aucune vision positive de leur part. Ils ne font que rabaisser les autres et se placer sur le créneau de la lutte contre la corruption. Quand on parle de coalition, ça ne se fait pas sur la base de savoir si ‘untel a été au RCD ou non’, ça se fait sur la base d’un programme, et nous en avons un”.

Le flou autour de Kais Saied

Quant à sa position par rapport au nouveau président de la République, Kais Saied, Abir Moussi explique sa position: “Nous n’avons pas appelé à voter pour lui parce qu’il est appuyé par les frères musulmans et ses avatars (...) Nous allons voir de qui il va s’entourer, qui va-t-il nommer dans son cabinet, qui va-t-il nommer aux Affaires étrangères, à la Défense et quelles seront les forces qui le soutiendront. Si ces forces “fréristes” vont le soutenir, ce sera pour nous une ligne rouge, s’il montre qu’il n’est pas lié à eux et qu’il a une autre vision, alors on verra”.

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