TUNISIE
14/06/2019 11h:54 CET | Actualisé 14/06/2019 11h:58 CET

Abir Moussi, Nabil Karoui et "3ich Tounsi" fustigent les amendements de la loi électorale discutés à l'ARP

Certains évoquent un retour à "des pratiques dictatoriales"...

Anadolu Agency via Getty Images

Alors que l’amendement de la loi électorale visant à exclure certaines personnes de la course aux prochaines élections est actuellement en discussion à l’ARP, plusieurs des personnes ou organisations visées par ces amendements les ont fustigé.

 

La présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi a pour sa part a affirmé “avoir rigolé” face à ces amendements, les qualifiant de “blagues”: “Pourquoi ça m’a fait rire? Parce que je n’ai jamais vu, quelqu’un qui se met seul, le doigt dans l’oeil” dit-elle faisant référence aux partis politiques soutenant “le pouvoir en place”.

“Ces gens-là, l’image qu’ils véhiculent est très mauvaise, leur bilan économique, social et la situation du pays l’est encore plus et malgré tout ça, ils veulent encore se présenter. Oui, c’est la démocratie, ils ont le droit de le faire, mais cela ne leur a pas suffit” a-t-elle fustigé avant de poursuivre “Ils veulent maintenant exclure ceux qui peuvent les battre lors des élections. Il n’y a pas de plus grande bêtise politique que ce qu’ils viennent de faire”.

“Ceux qui ont présenté cette réforme disent qu’ils veulent combattre la corruption. Ils sont restés 5 ans au pouvoir et ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils ont décidé de s’attaquer à la corruption en politique?” s’est-elle interrogé dénonçant leur échec dans l’application des lois: “Lorsque des associations de bienfaisance donnaient des milliards et livraient des repas, où étiez-vous, représentants de l’État?” interroge-t-elle en faisant référence à l’association”Khalil Tounes” dirigée par Nabil Karoui. “Comment l’État tunisien, qui a l’Union nationale de Solidarité sociale autorise un simple citoyen à créer son empire de bienfaisance en faisant la tournée des villages, achetant des voix?” a-t-elle attaqué.

“Et les autres qui ont ramené des milliards et qui nous inondés de spots publicitaires durant tout le mois de ramadan (...) vous ne leur avez pas demandé d’où vient leur argent? Vous ne vous êtes pas demandés comment ils font pour obtenir les numéros de téléphones des citoyens qu’ils essayent de récupérer? Vous ne vous êtes rendus comptes de rien? Ce n’est qu’aujourd’hui que vous avez ouverts les yeux?!” s’est emportée Abir Moussi accusant le “pouvoir en place (...) d’échec, de fragilité, et de non application de la la loi”. 

Dénonçant certains de ces amendements, la présidente du PDL affirme: “Je pense que les dictatures et les dictateurs du monde entier doivent venir apprendre de vous. Tous les dictateurs du monde ont échoué à atteindre le niveau de votre dictature!”

“Ils disent vouloir empêcher ceux qui tiennent un discours prônant un retour à la dictature. Avez-vous une définition de la dictature? (...) Il est clair qu’ils sont en train de dire qu’ils vont exclure les Rcdistes qui n’ont pas voulu les rallier, ceux qui ne reconnaissent pas leur cheikh (en référence à Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha), ceux qui sont en train de s’allier pour les balayer et qui ont un projet d’une nouvelle constitution instituant la 3ème République” a-t-elle également soutenu.

Nabil Karoui dénonce un retour ”à des pratiques dictatoriales”

Le fondateur de la chaine Nessma Tv, candidat à l’élection présidentielle mais aussi aux législatives a déploré, jeudi, dans un communiqué, un retour ”à pratiques dictatoriales” de la part du “gouvernement de Tahya tounes et de ses alliés”.

Indiquant qu’il s’agit d’amendements “sur-mesure” lui étant destiné, Nabil Karoui a indiqué qu’il maintiendrait sa candidature aux élections “malgré les pressions et les obstacles”.

Des amendements ciblés contre ceux qui “représentent une menace pour les partis classiques”

De son côté, l’association “3ich Tounsi” (non encore officiellement déclarée candidate aux élections), a également déploré “une atteinte à la démocratie et une attaque ciblée contre certaines personnes qui représentent une menace pour les partis classiques”.

Selon “3ich Tounsi”, ces amendements qui représentent une “limitation de la liberté de choix du citoyen” doivent être retirés “surtout face au refus général de la société tunisienne”.

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