MAGHREB
21/12/2015 12h:37 CET | Actualisé 21/12/2015 12h:38 CET

Tunisie: Pour Abdessatar Ben Moussa, président de la LTDH, "la Constitution seule ne suffit pas"

ASSOCIATED PRESS
Tunisian President Beji Caid Essebsi, left, welcomes Abdessattar Ben Moussa, president of the Tunisian Human Rights League, in Tunis Monday, Nov.9, 2015. The 2015 Nobel Peace Prize went to the Tunisian National Dialogue Quartet who steered Tunisia away from civil war and toward democracy after its 2011 revolution. (AP Photo/Hassene Dridi)

"De nombreuses lois ne sont pas en adéquation avec la Constitution et il faut les réformer", a déclaré le président de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH), Abdessatar Ben Moussa, sur les ondes de Mosaïque Fm, .

Pour le président de la LTDH, la Constitution "garantit les droits et libertés, mais la Constitution seule ne suffit pas" car "de nombreuses lois ne sont pas en conformité" avec celle-ci.

Indépendamment de la loi, sa pratique est aussi problématique affirme Abdessatar Ben Moussa: "Il y a un retour en arrière en matière de liberté de la presse mais aussi en matière de mauvais traitements dans les lieux de détentions. La torture dans ces lieux est encore utilisée."

"Il faut changer les mentalités, réformer l'institution sécuritaire, l'institution judiciaire, la situation carcérale", affirme le président de la LTDH, avant de conclure: "Nous avons des acquis sur lesquels nous ne reviendrons pas".

Depuis quelque temps, un débat agite plusieurs composantes de la société civile concernant la réforme de l'article 230 du Code Pénal punissant les pratiques homosexuelles et la "loi 52" relative aux stupéfiants.

Deux jours avant la remise du prix Nobel de la paix, Abdessatar Ben Moussa s'était déjà dit "très inquiet" des dérives sécuritaires dans la fragile démocratie tunisienne.

A la suite de l'attentat perpétré par le groupe Etat Islamique contre un bus de la garde présidentielle et ayant entrainé la mort de douze agents, plusieurs voix se sont élevées pour pointer du doigt les multiples dérives sécuritaires.

Des journalistes avaient été agressés par les forces de l'ordre lors de la couverture de l'attentat de Tunis, ce qui a poussé plusieurs composantes de la société civile - dont le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et le Centre de Tunis pour la liberté de la Presse - à mettre en garde contre l'instrumentalisation du terrorisme pour bafouer les droits humains et notamment la liberté de la presse.

Plusieurs perquisitions "musclées" ont également préoccupé des organisations de la société civile, notamment celles qui s'étaient produites à la Goulette fin novembre.

Amnesty International s'était en ce sens inquiétée d'"un recours abusif aux mesures d'exception".

Si la Tunisie fait généralement figure de modèle au milieu du chaos du printemps arabe, le pays a été la cible de trois attentats majeurs depuis le début de l'année et se trouve aujourd'hui, pour la deuxième fois en l'espace de quelques mois, sous état d'urgence.

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