TUNISIE
04/09/2019 12h:27 CET

Abdelkrim Zbidi revient sur le jeudi noir et accuse le chef du gouvernement d'utiliser les moyens de l'Etat pour sa campagne électorale

"Je n’attaque jamais, je ne répond que quand je suis attaqué”

Le ministre de la Défense et candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Abdelkrim Zbidi est revenu, mardi, sur le jeudi noir connu par la Tunisie le 27 juin dernier et sur les rumeurs d’un coup d’Etat législatif préparé contre le président de la République Béji Caid Essebsi, alors hospitalisé.

Dans une interview accordée à la chaine Hannibal TV, celui-ci confirme avoir eu vent d’informations sur des mouvements suspects à l’Assemblée des représentants du peuple pour préparer un “coup d’Etat législatif” sur fond de rumeurs de décès du président de la République Béji Caid Essebsi après son hospitalisation le 27 juin dernier.

“J’ai mis l’armée en état d’alerte maximum (...) Le lendemain, j’ai averti le premier responsable après le président de la République, à savoir le chef du gouvernement, que si ça allait continuer comme ça au parlement -en voulant créer le chaos au pays- je l’empêcherai de se réunir et l’armée n’allait pas les laisser faire un coup d’Etat législatif” affirme-t-il avant de poursuivre: “Les députés voulaient faire un coup d’Etat législatif. J’ai alors dit qu’il n’y aurait ni coup d’Etat législatif, ni coup d’Etat militaire, pour protéger la constitution, protéger le pays et la transition démocratique. Le chef du gouvernement a dit qu’il était d’accord avec moi et qu’il me soutenait à 100%”.

Une crise éthique et morale

Interrogé sur les attaques à son encontre notamment à travers la diffusion de sa pension de retraite ou encore sur les circonstances du décès de son fils, Abdelkrim Zbidi a dénoncé “une crise éthique et morale que traverse le pays”, la jugeant bien plus grande et importante que la crise économique ou sociale.

“Il y a des campagnes immorales menées contre moi. Ils sont arrivées à mêler mon fils, mort dans un accident de voiture (...) c’est d’un niveau très bas” a-t-il déploré affirmant que ce ne sont que des mensonges “parce qu’ils n’ont rien trouvé à dire sur Zbidi”.

L’usage des moyens de l’Etat au profit de la campagne électorale 

Autant sur Hannibal Tv dans la soirée que sur Shems Fm dans l’après-midi, le candidat à l’élection présidentielle a souhaité “réagir” après avoir été accusé d’utiliser l’appareil de l’Etat pour mener sa campagne ce qu’il réfute, et accuse le chef du gouvernement:  “D’habitude je n’attaque jamais, je ne répond que quand je suis attaqué”.

“Est-il normal d’utiliser les moyens de l’Etat pour faire sa campagne électorale?” dit-il en faisant référence à plusieurs ministres et au chef du gouvernement, “moi j’ai refusé d’utiliser ces moyens pour faire ma campagne”.

 

Alors qu’une personne travaillant pour le ministère de la Défense fait partie des membres de sa campagne, ce qui constituerait un usage des moyens de l’Etat au profit de sa camapagne,  Abdelkrim Zbidi précise: ″Certains ont dit que le ministre de la Défense utilise les moyens du ministère pour faire sa campagne électorale. Cette personne a pris un congé et m’a dit qu’elle voulait travailler avec moi sur ma campagne électorale. Toute personne en congé a le droit de travailler ailleurs. Il a donc été engagé en tant que freelance” explique-t-il avant d’accuser ouvertement le chef du gouvernement Youssef Chahed d’utiliser les moyens de l’Etat pour faire campagne depuis longtemps.

“Le chef du gouvernement a commencé sa campagne électorale depuis 6 mois. Il a utilisé tous les moyens possibles de l’Etat, et j’ai les preuves de cela: Les mouvements de gouverneurs et des délégués, les réunions avec les Omdas...” affirme Zbidi avant d’interroger: “Pourquoi appeler les Omdas et leur donner des consignes pour les prochaines élections?”

“Combien de ministres et de secrétaires d’Etat avec rang de ministre sont membres de sa campagne et qui prennent un salaire complet et utilisent les moyens de l’Etat comme les voitures, les chauffeurs, le carburant?” fustige-t-il.

Selon Zbidi, dans de nombreuses occasions, le chef du gouvernement a utilisé un “avion militaire de type C-130 qu’il a utilisé pour transporter sa voiture blindée” pour effectuer des visites de terrains “qui n’ont rien à voir avec son poste de chef de gouvernement”.

“Il a pris cet avion pour inaugurer une conférence médicale. Connaissez-vous des chefs du gouvernement qui inaugurent une conférence médicale? N’est-ce pas du ressort du ministre de la Santé? Savez-vous combien cela a coûté à l’Etat? 40.000 dinars” énumère-t-il avant de citer un autre exemple. “Il est également parti à Tozeur pour inaugurer une station photovoltaïque qui entrera en exercice en 2020. Il a demandé l’avion C-130. Cela a coûté 50.000 dinars aux caisses de l’Etat” 

“Je ne voulais pas en parler” affirme-t-il disant être obligé de “dire la vérité” après les nombreuses attaques dont il a été sujet.

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