TUNISIE
17/01/2019 15h:13 CET

Abdelfatteh Mourou regrette le "dialogue de sourds" entre l'UGTT et le gouvernement

Pour lui, un dialogue national s'impose pour sortir de la crise.

Anadolu Agency via Getty Images

Les hôpitaux, les écoles, les aéroports... et l’administration tunisienne sont aux arrêts ce jeudi 17 janvier 2019 pour cause de grève générale. Une décision qui a été prise pour exprimer le “ras-le-bol” des syndicalistes et fonctionnaires publics des conditions dans lesquelles ils opèrent face notamment à la détérioration du pouvoir d’achat.

“La partie syndicale a totalement raison” martèle le vice-président de l’Assemblée des Représentants du Peuple Abdelfettah Mourou, sur les ondes de Shems Fm. “Or, le gouvernement se dit incapable de satisfaire les revendications syndicales vu ses moyens limités” déplore-t-il. 

 

Chacun campant sur ses positions, gouvernement et syndicat n’ont pu trouver un terrain d’entente. Cette énième impasse semble définitivement signer la mort du dialogue entre les deux parties. “C’est un dialogue de sourds” martèle-t-il sans cacher sa crainte de voir cette situation se poursuive pour longtemps. 

Pour lui, ce bras de fer permanent ne conduit nulle part. “C’est par le dialogue” que cela se résout estime-t-il.

Une étude approfondie de la situation actuelle du pays s’impose, note-t-il. En effet, définir les besoins, détecter les moyens et traiter les objectifs par priorité après diagnostic sont des nécessaire pour régler la crise, à l’instar de ce qui se fait au sein Conseil économique et social.

Pour le faire, toutes les parties, en plus des politiciens doivent tenter ensemble de retrouver un certain équilibre entre les objectifs et les capacités, selon ses dires. 

Le dialogue national est, à ses yeux, un choix stratégique pour le pays. 

“La solution serait de faire des concessions” souligne-t-il en appelant les économistes, les penseurs... à ouvrir le débat pour cogiter sur l’avenir du pays.

Mourou a rappelé que “le parlement n’est pas un espace de dialogue, mais plutôt d’exécution”. Selon lui, ce n’est pas à l’Assemblée que la crise va être résolue. 

Il a avoué, par ailleurs, que les politiciens brillent par leur absence dans cette affaire de conflit entre le gouvernement et l’organisation syndicale. “Nos politiciens sont absorbés par les élections de 2019” regrette-t-il. 

Revenant sur l’accrochage ayant eu lieu, mercredi, au Parlement entre des députés du Front populaire et de la Coalition nationale, Mourou a précisé que l’incident était dû à un cumul de plusieurs facteurs. “Le manque de confiance et l’indolence de certains députés ainsi que l’énorme tension au parlement ont mené à cette conclusion” précise-t-il.

“Je n’ai pas aimé voir le problème dégénérer de la sorte” poursuit-il en ajoutant qu’il aurait souhaité éviter l’atteinte au président de l’ARP, Mohamed Ennaceur et que le différend soit résolu pacifiquement.

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